Une décision patrimoniale pour éviter la banalisation
La Ducasse d'Ath, fête populaire inscrite au cœur du calendrier communal, voit son rondeau final organisé tous les cinq ans depuis 1981. Cette règle, confirmée par les responsables du comité du 500e anniversaire, vise à préserver l'exceptionnalité d'un geste désormais chargé de sens pour les Athois.
Le choix d'espacer la représentation finale répond à une double préoccupation : conserver la valeur symbolique du rondeau et éviter qu'il ne devienne un rituel routinier. La dernière « ronde finale » avait eu lieu en 2016 ; l'absence d'une édition véritablement tenue en 2021 a, de fait, prolongé l'attente et rendu l'édition 2026 particulièrement attendue.
Une tradition pensée et réfléchie
Pour expliquer la démarche, l'historien et ancien archiviste de la Ville, Jean‑Pierre Ducastelle, évoque l'équilibre recherché entre souvenir et rareté :
« Vu le succès du rondeau qui a animé la fin du cortège, le comité du 500e anniversaire a décidé de refaire un rondeau tous les cinq ans. Cette opération a été respectée depuis 1981. Elle a obtenu un beau succès à chaque renouvellement. Je pense qu'on a voulu que cette organisation soit mise en place tous les cinq ans, pour éviter sa banalisation. »
Le principe adopté vise aussi à mobiliser l'engagement des porteurs et des géants, dont la participation au rondeau requiert un investissement particulier. Pour le comité, le caractère exceptionnel du geste renforce l'attachement collectif aux figures emblématiques comme Goliath et à toute la chorégraphie humaine qui l'entoure.
Genèse et mémoire du geste
Le concept du rondeau final trouve ses origines dans les réflexions menées autour du 500e anniversaire de la Ducasse. Jean‑François Masson, dans un article du bulletin du Cercle d'histoire d'Ath (juillet 2001), relate la volonté des organisateurs de « ne rien modifier aux traditions séculaires » tout en trouvant un moyen de marquer cet anniversaire important. Le rondeau a été proposé comme un moyen d'ajouter une marque commémorative sans bouleverser le déroulement habituel de la fête.
Cette solution, simple en apparence, répondait à un dilemme partagé par les acteurs locaux : comment célébrer une date particulière sans dénaturer des pratiques profondément ancrées dans la vie athoise ? Le rondeau final est ainsi devenu une manière de dire à la fois « nous sommes fidèles à la tradition » et « nous savons aussi la réinterroger pour la mémoire collective ».
Conséquences pratiques et symboliques pour Ath
La périodicité quinquennale a plusieurs conséquences concrètes pour la commune et ses habitants :
- renforcement de l'attente et de la rareté, attirant un public plus large lors des éditions annoncées ;
- gestion logistique allégée les autres années, permettant de répartir l'effort des porteurs et des organisateurs ;
- préservation de la valeur patrimoniale du geste, en le maintenant comme un élément exceptionnel et mémorable de la Ducasse.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1981 | Mise en place de la périodicité quinquennale du rondeau |
| 2016 | Dernière ronde finale réellement organisée avant 2026 |
| 2021 | Ducasse non véritablement tenue, pas de ronde finale |
| 2026 | Retour du rondeau au terme du cortège |
Un regard vers l'avenir
Pour les autorités et les acteurs de la Ducasse, le défi reste de conjuguer fidélité aux traditions et capacité d'adaptation. En faisant du rondeau final un rendez‑vous quinquennal, Ath choisit de préserver un patrimoine immatériel tout en s'assurant que chaque édition conserve sa charge émotionnelle et symbolique.
Les habitants peuvent patienter en sachant que, lorsque le rondeau reviendra, il le fera avec la solennité et l'enthousiasme qui ont fait sa réputation, témoignage vivant de l'attachement des Athois à leurs géants et à leur fête.