Faits divers Agos-Vidalos Hautes-Pyrénées (65)

La préfecture met en demeure l’exploitant de la centrale d’Agos-Vidalos pour des travaux non conformes

Un arrêté préfectoral du 20 août 2026 enjoint la société Établissements BEGUERIE SAS à régulariser des aménagements et des documents liés à la restauration de la continuité écologique du Gave de Pau en aval de la centrale.

La préfecture met en demeure l’exploitant de la centrale d’Agos-Vidalos pour des travaux non conformes
©Illustration IA Sabrina Lecomte / we-news.com

La préfecture des Hautes-Pyrénées a adressé, par arrêté daté du 20 août 2026, une mise en demeure à la société Établissements BEGUERIE SAS, exploitante de la centrale hydroélectrique d'Agos-Vidalos. L'administration reproche plusieurs manquements constatés lors de contrôles sur le chantier relatif à la restauration de la continuité écologique et au déplacement de sédiments dans le lit du Gave de Pau.

Des contrôles qui pointent des écarts avec l'autorisation

L'arrêté préfectoral intervient après des visites des services de l'État sur le chantier. L'autorisation initiale, délivrée par arrêté préfectoral le 5 mars 2025, encadrait notamment le remodelage du lit du Gave sur une longueur maximale de 430 mètres en aval de l'usine, et le déplacement d'un volume d'ordinaire évalué à environ 11 000 m³ de sédiments, afin de retrouver une ligne d'eau proche de la situation historique et de maintenir la capacité d'auto-entretien du lit mineur.

Or, les agents chargés du contrôle ont relevé plusieurs constats jugés non conformes aux prescriptions de l'autorisation :

  • la présence d'un épi de plus de 28 mètres de long construit dans le lit mineur, réalisé en blocs liaisonnés ;
  • l'absence d'une mesure destinée à reconstituer une frayère conforme aux prescriptions ;
  • des documents de suivi et de contrôle considérés comme insuffisants par l'administration.

Lors d'une visite le 10 février 2026, l'agent de contrôle a observé l'épi dont la hauteur, rapportée au niveau d'eau du jour, variait entre 2,30 mètres et 1 mètre. L'exploitant a reconnu la réalisation de certains aménagements dans sa réponse adressée à l'administration le 2 juillet 2026, mais l'état des lieux a conduit la préfecture à formuler des exigences de régularisation.

Une mise en demeure qui encadre aussi les suites

La mise en demeure, prise au titre du Code de l'environnement, ne se contente pas d'ordonner des corrections : elle détaille également les suites administratives possibles en cas de non-respect des demandes. Le texte précise les actions attendues pour remettre le projet en conformité avec l'arrêté d'autorisation et les modalités de suivi à produire.

Le projet visait à retrouver une morphologie du lit proche de la situation historique et à garantir la mobilité sédimentaire, sur une zone d'intervention définie en aval du barrage. La préfecture souligne l'importance de ces travaux pour la continuité écologique et la restauration des habitats aquatiques, notamment pour les espèces piscicoles concernées par la qualité des frayères.

Des enjeux techniques et réglementaires

Les constats portent à la fois sur des aspects techniques — nature et dimension des ouvrages réalisés dans le lit mineur, absence de dispositifs de reconstitution des frayères — et sur le volet documentaire : la qualité des suivis et des pièces de contrôle est jugée insuffisante pour démontrer la conformité des travaux avec les objectifs environnementaux fixés.

La situation illustre les difficultés fréquentes dans la conduite de chantiers hydrauliques : concilier la production d'énergie, la gestion des sédiments et la préservation des fonctions écologiques des cours d'eau reste une opération technique et réglementaire délicate. L'arrêté rappelle que toute modification substantielle du lit ou des aménagements doit respecter les prescriptions de l'autorisation et faire l'objet d'un suivi rigoureux.

Calendrier et impacts locaux

La mise en demeure oblige l'exploitant à apporter des éléments de régularisation et à entreprendre les travaux ou correctifs demandés. À défaut d'une réponse satisfaisante ou de mesures mises en œuvre dans les délais impartis, la préfecture peut engager des procédures administratives complémentaires, voire des sanctions prévues par le Code de l'environnement.

Sur le terrain, les riverains et les associations de protection de l'environnement suivent ce dossier, sensibles aux effets potentiels sur la dynamique du Gave de Pau, la faune aquatique et la sécurité hydraulique. La préfecture, par sa décision, rappelle la nécessité de respecter les prescriptions d'urbanisme et d'environnement lors d'interventions dans le lit des cours d'eau.

ÉlémentValeur
Date de l'arrêté d'autorisation5 mars 2025
Date de la mise en demeure20 août 2026
Longueur maximale de remodelage autorisée430 m
Volume de sédiments prévu~11 000 m³
Longueur de l'épi constatée> 28 m

La société Établissements BEGUERIE SAS a été invitée à compléter ses dossiers et à justifier des mesures prises ; l'issue de la procédure dépendra désormais de la réponse de l'exploitant et des éventuelles interventions de la préfecture si les prescriptions ne sont pas respectées.

Sabrina Lecomte
Sabrina IA Cheffe du service Faits divers en ligne

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