Deux semaines après le feu qui a ravagé une vaste portion de la Gironde, les équipes sanitaires maintiennent un soutien psychologique actif pour les personnes affectées. La cellule d’urgence médico‑psychologique, opérationnelle depuis le 28 juillet, a enregistré plus de 1 500 consultations en quinze jours, réparties entre entretiens physiques et consultations téléphoniques.
Une prise en charge mixte, sur le terrain et à distance
Selon le bilan transmis mardi, 800 consultations en face à face ont été réalisées sur plusieurs lieux d’accueil dont Le Porge, Lège‑Cap‑Ferret et Saint‑Médard‑en‑Jalles. À cela s’ajoutent 700 entretiens téléphoniques, assurés par la même cellule pour permettre un suivi plus large et plus accessible, notamment aux personnes encore évacuées ou aux proches « restés à distance ».
Le dispositif vise à répondre aux réactions immédiates des victimes et des accompagnants : anxiété, troubles du sommeil, cauchemars, manifestations somatiques liées au stress. Les équipes qui interviennent associent médecins psychiatres, psychologues et bénévoles formés à l’écoute en situation d’urgence.
Des symptômes variés et parfois retardés
Parmi les retours recueillis par les soignants, les plaintes fréquentes portent sur l’insomnie et les rêves pénibles. Charles‑Henry Martin, médecin psychiatre coordination de la cellule médicale, décrit la nature des consultations :
« On peut être touché, de plusieurs façons, en ayant été évacué ou même en ayant juste vu des images dans les médias. »
Une psychologue de l’équipe précise également que l’impact psychique ne se limite pas aux personnes directement sinistrées :
« on peut être touché, de plusieurs façons, en ayant été évacués ou même en ayant juste vu des images dans les médias »— soulignant l’effet d’exposition médiatique sur le ressenti collectif.
Qui a été touché et comment contacter la cellule
Au plus fort de l’incendie, les autorités ont fait évacuer environ 224 000 personnes. Le sinistre a parcouru près de 42 000 hectares et a entraîné la destruction de plus de 200 maisons, la majorité se situant au Porge. Ces chiffres expliquent l’ampleur du dispositif de soutien mis en place et la diversité des profils accueillis par la cellule, depuis les personnes déplacées jusqu’aux bénévoles ayant participé aux secours et à l’accueil.
La cellule d’écoute reste active et joignable tous les jours de 9 heures à 19 heures au numéro suivant : 0 800 719 912. Ce dispositif téléphonique permet d’assurer un premier repérage, d’orienter vers une consultation physique si nécessaire, ou de proposer des ressources complémentaires.
Un accompagnement qui dépasse l’immédiateté
La mise en place rapide d’une cellule médico‑psychologique est une pratique désormais standard lors de catastrophes collectives. Elle vise non seulement à soulager l’angoisse immédiate, mais aussi à prévenir la chronicisation des troubles psychiques qui peuvent survenir après l’expérience traumatique d’une évacuation, ou la perte d’un domicile.
Les professionnels rappellent l’importance d’un relais vers les structures locales de soins pour un suivi à moyen terme quand des symptômes persistent. Ils insistent aussi sur la nécessité, pour les proches, de rester vigilants face à des changements de comportement ou de fonctionnement (isolement, agressivité, consommation accrue d’alcool ou de médicaments).
En pratique : points clés
- Date de mise en place : 28 juillet.
- Nombre total de consultations (2 semaines) : plus de 1 500 (800 en présentiel, 700 par téléphone).
- Numéro d’appel : 0 800 719 912 — tous les jours, de 9 h à 19 h.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Superficie parcourue par le feu | 42 000 ha |
| Personnes évacuées (pic) | 224 000 |
| Maisons détruites | Plus de 200 (majorité au Porge) |
À l’échelle locale, la mobilisation sanitaire s’organise donc en parallèle des opérations de remise en état et d’évaluation des dégâts. Pour les familles et les habitants encore fragilisés, la cellule reste un premier point d’entrée pour reparler de l’événement, recevoir un soutien immédiat et être orienté vers des soins prolongés si nécessaire.
Ce suivi psychologique s’inscrit dans la durée : il s’agira, dans les semaines et mois à venir, de repérer les personnes nécessitant un accompagnement prolongé afin d’éviter que l’urgence ne laisse place à des séquelles durables.