Une œuvre collective place la question du patrimoine au cœur de la cité
À l'occasion de la 43e édition des Journées européennes du patrimoine, qui se tenaient les 19 et 20 septembre 2026, l'artiste plasticien Olivier Grossetête a investi le parvis de la cathédrale Saint-Étienne pour une mise en scène engagée. Intitulée « De la pierre au carton : 520 ans d’histoire vivante », cette création éphémère a pris la forme d'une tour en carton reproduisant la silhouette de la tour nord, dite tour de Beurre, dont l'effondrement remonte à plus de cinq siècles.
L'installation, visible place Etienne-Dolet, a mobilisé le public et des bénévoles pendant plusieurs jours. Selon les organisateurs, une centaine de personnes ont participé aux ateliers préparatoires et à la construction : une trentaine a alterné dès le 14 septembre pour réaliser les modules tandis que la coordination sur place a réuni 50 bénévoles sous l'égide de Bourges 2028.
- Hauteur de la tour : 20 mètres
- Nombre de modules en carton : 1 300
- Dates : ateliers dès le 14 septembre, performance le 19 septembre 2026
Le projet, conçu comme une opération participative, a été initié par le Centre des monuments nationaux, la ville de Bourges, la DRAC et la Région Centre-Val de Loire, et inscrit dans la programmation de Bourges 2028 capitale européenne de la culture. Les organisateurs ont privilégié une approche collective : chacun pouvait venir préparer des « briques » en carton, découper ou assembler des éléments nécessaires à la construction selon le plan établi par l'artiste.
« Il y avait la possibilité de construire des briques, des frites et de faire des découpes pour préparer les modules en carton », a expliqué Jennyfer, bénévole de Bourges 2028, qui a participé à un atelier mardi soir.
La dimension pédagogique et conviviale du chantier a été soulignée par les participants. Jennyfer, arrivée récemment à Bourges et membre de l'association Bourges 2028, a évoqué son enthousiasme : participer à la fondation d’un événement culturel local lui a permis de mieux se saisir des enjeux patrimoniaux et d'expérimenter une forme d'engagement citoyen autour de la culture.
Symbolique et temporalité : interroger la permanence du bâti
L'œuvre d'Olivier Grossetête joue sur la tension entre solidité et fragilité : une tour monumentale reproduite en matériaux éphémères qui peut s'effondrer. En évoquant l'effondrement historique de la tour de Beurre, la performance interroge la vulnérabilité des monuments face au temps et aux transformations, tout en proposant une lecture contemporaine du patrimoine. La mise en scène articule mémoire locale et participation collective, en renvoyant à la nécessité d'une attention renouvelée portée aux édifices cultuels et urbains.
Les partenaires institutionnels ont clairement inscrit l'opération dans une démarche de valorisation culturelle inscrite dans la perspective de Bourges 2028, en faisant de cet épisode artistique un moment de mobilisation citoyenne et de visibilité pour la candidature culturelle de la ville.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Édition | 43e Journées européennes du patrimoine |
| Durée des ateliers | Dès le 14 septembre 2026 |
| Modules en carton | 1 300 |
| Bénévoles coordonnés | 50 |
| Hauteur de la tour | 20 m |
Sur le parvis, la performance a attiré un public nombreux le samedi 19 septembre, mêlant habitants, visiteurs et amateurs d’art éphémère. L'opération a laissé une empreinte temporaire dans l'espace public tout en suscitant des discussions sur les pratiques de conservation et sur la place à donner aux initiatives participatives dans la mise en valeur du patrimoine local.
Sans prétendre remplacer les dispositifs de protection patrimoniale, l'expérience a cependant permis d'ouvrir un temps de réflexion collective sur la fragilité des monuments et les formes contemporaines de leur mise en récit. À quelques années de 2028, cette action s'inscrit parmi les opérations visant à faire rayonner Bourges et à associer habitants et acteurs culturels autour d'un projet commun.