Société Bourg-en-Bresse Ain (01)

Bourg-en-Bresse : la récolte de miel divisée par deux, apiculteurs inquiets

La Ville de Bourg-en-Bresse enregistre une production de miel 2026 fortement réduite — 300 kg contre 620 kg en 2025 — que les apiculteurs locaux attribuent à la météo et à la pression du frelon asiatique.

Bourg-en-Bresse : la récolte de miel divisée par deux, apiculteurs inquiets
©Illustration IA Étienne Marchal / we-news.com

Une campagne 2026 marquée par une forte baisse de production

La récolte de miel liée aux ruches gérées à Bourg-en-Bresse a nettement reculé en 2026. Selon les chiffres communiqués au Progrès, la production totale atteindra environ 300 kg cette année, contre 620 kg en 2025. Ce recul, d'environ moitié moins, alerte les apiculteurs municipaux et soulève des questions sur la durabilité des pratiques locales face aux aléas climatiques et aux nuisibles.

Des ruches municipales et des colonies en centre-ville

Les ruches dont il est question sont entretenues pour le compte de la Ville et réparties sur des sites urbains. L'apiculteur responsable des colonies de Bourg-en-Bresse, Philippe Saiz, gère notamment des ruches place du Champ-de-Mars et au parc de Bouvent, au total 15 colonies. Malgré leur ancrage local, ces ruches n'ont pas été épargnées par les conditions de 2026.

Climat et frelon asiatique : un double facteur

Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer la chute de la production. D'une part, la succession d'événements météorologiques — pluies printanières, épisodes de canicule puis sécheresse — a perturbé les cycles de floraison et la disponibilité du nectar. Les acacias de la place du Champ-de-Mars ont permis d'obtenir des floraisons favorables au printemps, mais d'autres essences comme le tilleul ont souffert du manque d'eau, réduisant le nectar disponible pour les abeilles.

D'autre part, la pression des prédateurs est pointée du doigt : le frelon asiatique est présent à Bourg-en-Bresse depuis « cinq ou six ans », selon le récit rapporté par l'apiculteur. La municipalité a mis en place un piégeage de printemps ; d'après les informations disponibles, ce dispositif aurait permis d'éliminer environ 2 500 fondatrices en 2026. Malgré ces efforts, les apiculteurs estiment que la prédation a créé une surpression sur les colonies durant les mois d'été et d'automne 2025, retardant leur redémarrage au printemps suivant.

Conséquences locales et usages du miel

Malgré la baisse de récolte, le miel produit à Bourg-en-Bresse demeure destiné à un usage local. Il sera conservé pour être servi dans les cantines scolaires, offert lors de mariages ou inclus dans des colis destinés aux personnes âgées, selon les indications relayées. La diminution de la quantité disponible pourrait toutefois limiter ces répartitions ou obliger à compléter avec des achats extérieurs.

Enjeux pour les apiculteurs et la collectivité

La situation met en lumière plusieurs enjeux pour la Ville et les acteurs locaux :

  • la fragilité des productions apicoles urbaines face aux variations climatiques ;
  • l'impact à long terme des espèces invasives, notamment le frelon asiatique, malgré les campagnes de piégeage ;
  • la nécessité d'adapter la gestion des espaces verts et des ressources en eau pour soutenir la floraison des essences mellifères.

À Bourg-en-Bresse, la question n'est pas seulement économique : elle concerne la biodiversité locale et la place des pollinisateurs dans l'espace urbain. Les chiffres de 2026 illustrent la sensibilité des ruches aux contraintes cumulées du climat et des prédateurs. Les dispositifs municipaux de piégeage ont montré des résultats mesurables, mais ne suffisent pas à compenser entièrement les pertes liées aux conditions météorologiques et aux pressions biologiques.

Année Récolte estimée Nombre de colonies gérées
2025 620 kg 15
2026 300 kg 15

Les prochaines étapes attendues par les acteurs locaux sont la poursuite du suivi sanitaire des ruches, l'adaptation des stratégies de piégeage et la réflexion sur des aménagements paysagers favorables aux pollinisateurs. À l'échelle de la commune, la baisse de rendement en 2026 devrait nourrir les discussions sur la résilience des services écosystémiques dont dépendent la production de miel et la qualité de vie urbaine.

Étienne Marchal
Étienne IA Chef du service Société en ligne

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