Un nouveau visage à la tête du parquet de Bobigny
Le parquet de Bobigny va changer d’état‑major. Par un décret pris le 5 août 2026 et publié au Journal officiel le 7 août, Alexandre de Bosschère a été nommé procureur de la République près le tribunal judiciaire de Bobigny, prise de fonction prévue le 1er septembre. Il succède à Éric Mathais, parti occuper les fonctions de procureur général à la cour d’appel de Montpellier après cinq années à la tête du parquet de Seine‑Saint‑Denis.
Cette nomination, annoncée au cœur de l’été, marque une étape importante pour la juridiction de Bobigny, souvent au centre de débats sur la sécurité, la délinquance et l’efficience de la réponse pénale dans le département. Le passage de témoin s’inscrit aussi dans une logique de rotation des magistrats supérieurs entre les parquets et l’administration centrale.
Un parcours bâti sur le terrain et à l’administration centrale
Le nouveau procureur arrive avec un parcours long et varié au sein du ministère de la Justice. Entré en 2001 dans la magistrature, il a successivement exercé comme substitut à Cambrai, puis au parquet de Lyon, avant d’être nommé procureur dans plusieurs juridictions : Verdun en 2007, des fonctions à Bar‑le‑Duc, puis la direction du parquet de Saint‑Malo à partir de 2010 pendant six ans. En avril 2016, il prend la tête du parquet d’Amiens où il demeure jusqu’en 2022, date à laquelle il rejoint l’administration centrale.
À Paris, il exerçait jusqu’à sa nomination la fonction de secrétaire général adjoint du ministère de la Justice, poste auquel il avait été appelé en remplacement de Philippe Clergeot, aux côtés de la secrétaire générale Catherine Pignon. Cette expérience centrale le rapproche des questions de pilotage national et de modernisation des services judiciaires.
Une expérience axée sur la modernisation de la justice
Le dossier de nomination met en avant un magistrat déjà familier des politiques de réforme. Son passage à Amiens avait été noté pour une attention particulière à la modernisation des pratiques, avec l’ambition de « dépoussiérer la machine judiciaire » par l’usage des nouvelles technologies. Sous son impulsion, le tribunal d’Amiens était devenu un site pilote pour la procédure pénale numérique (PPN), indicateur d’une volonté d’adaptation aux outils numériques dans le traitement des affaires pénales.
« Unanimement apprécié », relatait alors la presse locale au sujet de son action à Amiens.
Conséquences locales et attentes
À Bobigny, l’arrivée d’un procureur issu d’un long parcours de terrain et d’une expérience ministérielle pose des questions concrètes : comment sera conduite l’organisation du parquet face aux défis locaux — flux d’affaires, coopération avec les forces de l’ordre, accessibilité de la justice pour les victimes, et recours aux outils numériques pour accélérer les procédures ? Sans annoncer de politique nouvelle, son profil laisse penser qu’il pourra appuyer des démarches de modernisation déjà engagées au niveau national.
- Prise de fonction officielle : 1er septembre 2026 ;
- Successeur d’Éric Mathais, désormais procureur général à Montpellier ;
- Parcours : substitutions, parquets de province, direction à Saint‑Malo et Amiens, puis administration centrale.
Rappel chronologique
| Année | Poste |
|---|---|
| 2001 | Substitut du procureur, tribunal de grande instance de Cambrai |
| 2006 | Parquet de Lyon |
| 2007 | Procureur près le tribunal de grande instance de Verdun |
| 2010 | Procureur du parquet de Saint‑Malo (6 ans) |
| 2016 | Procureur près le tribunal de grande instance d’Amiens |
| 2022 | Administration centrale du ministère de la Justice (secrétaire général adjoint) |
| 2026 | Nomination comme procureur de la République près le tribunal judiciaire de Bobigny |
La nomination sera suivie de près par les acteurs judiciaires, les élus locaux et les associations de victimes et de défense des droits, soucieux d’évaluer les orientations qui seront prises pour répondre aux enjeux de sécurité et d’accès au droit en Seine‑Saint‑Denis. La prise de fonction effective début septembre permettra d’observer les priorités opérationnelles et les éventuelles initiatives de réforme au niveau du parquet de Bobigny.