Le tribunal judiciaire d’Arras a rendu sa décision mardi 18 août dans une affaire impliquant un ancien entraîneur de ju‑jitsu âgé de 33 ans, domicilié dans une commune du Lensois. L’homme a été condamné à 18 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans pour des faits de voyeurisme et pour détention d’images pédopornographiques.
Des faits qui remontent à 2024
Les premiers épisodes reprochés au prévenu datent de février 2024. À cette époque, alors qu’il exerçait la fonction d’entraîneur au sein d’un club de ju‑jitsu à Méricourt, il a été surpris par un parent en train de filmer, à travers le trou de la serrure, dans le vestiaire des filles. Plusieurs femmes et adolescentes auraient ainsi été photographiées ou filmées à leur insu. Le mis en cause a admis avoir recommencé à plusieurs reprises, évoquant « une dizaine de fois » selon ses déclarations.
Quelques mois plus tard, durant l’été 2024, les faits se sont aggravés : depuis la fenêtre de toit de son domicile, il a filmé deux voisines, âgées de 6 et 8 ans, alors qu’elles jouaient dans la piscine de leur jardin. Ces faits ont été révélés aux autorités après que l’intéressé en a lui‑même informé les gendarmes.
Des milliers de fichiers saisis
Lors de l’enquête, les gendarmes ont saisi le téléphone et le matériel informatique du suspect. Les analyses ont mis au jour un volume important de contenus, parmi lesquels de nombreux éléments à caractère sexuel.
| Éléments saisis | Nombre |
|---|---|
| Contenus effacés retrouvés | 73 000 |
| Fichiers à caractère sexuel | 463 |
| Contenus pédopornographiques | 67 |
À la barre, le prévenu a reconnu sa responsabilité et exprimé sa gêne :
« J’ai honte. Ça ne me ressemble absolument pas. »
Il a expliqué souffrir d’une consommation « presque addictive » de contenus pornographiques et assuré avoir débuté un suivi psychologique en juin 2024, affirmant désormais ne plus ressentir de pulsions. « Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça », a‑t‑il ajouté.
Peines et mesures complémentaires
La procureure avait requis une peine de six mois de prison ferme. Le tribunal a finalement prononcé une condamnation à 18 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pour une durée de deux ans, avec exécution provisoire. Le prévenu a été inscrit au FIJAIS (fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes) et se voit interdire d’exercer toute activité professionnelle ou bénévole en lien avec des mineurs. Il devra en outre indemniser les deux jeunes victimes.
- Faits initiaux : février 2024 (vestiaire).
- Récidive : été 2024 (filmage d’enfants de 6 et 8 ans depuis son domicile).
- Condamnation : 18 mois avec sursis probatoire, inscription au FIJAIS, interdiction de travailler avec des mineurs et obligation d’indemnisation.
Radié du club après la découverte des premières images, l’ancien entraîneur ne pourra plus exercer auprès de mineurs et fera l’objet d’une surveillance judiciaire durant la période probatoire. La décision marque la fin d’un dossier qui avait suscité l’émoi au sein du club de ju‑jitsu et parmi les familles concernées.
Le tribunal a privilégié une peine assortie de mesures de suivi et d’interdiction professionnelle, au regard notamment du nombre et de la nature des fichiers retrouvés, et de la présence de victimes mineures parmi les personnes filmées. L’affaire soulève, une nouvelle fois, la question de la prévention et du contrôle des adultes en charge d’enfants au sein des structures sportives locales.