Faits divers Roumazières Charente (16)

Après la marche blanche de Roumazières, quatre manifestants condamnés à des peines avec sursis

La manifestation organisée à Roumazières pour réclamer des réponses sur la mort d’un homme en garde à vue a dégénéré le 13 octobre. Cinq personnes ont été jugées : quatre ont reçu des peines avec sursis pour outrages, violences et dégradations.

Après la marche blanche de Roumazières, quatre manifestants condamnés à des peines avec sursis
©Illustration IA Sabrina Lecomte / we-news.com

La comparution immédiate des personnes interpellées à l’issue de la marche blanche organisée à Roumazières le 13 octobre s’est soldée par des condamnations, jeudi en fin de journée. Sur les cinq prévenus présentés devant le tribunal correctionnel, quatre ont été condamnés à des peines avec sursis, a indiqué une source locale.

Une marche destinée à réclamer « justice »

La manifestation — organisée selon ses initiateurs en hommage à un homme décédé il y a neuf ans lors d’une garde à vue — rassemblait environ une quarantaine de voyageurs, accompagnés d’habitants, sur la place du centre-ville. Paul Valluet, 41 ans et frère du défunt, se présente comme « un peu l’organisateur » de la marche : « C’était dans le but que les gendarmes fassent remonter qu’on attend des nouvelles du dossier de mon frère. Ça fait neuf ans. On demandait justice », a-t-il expliqué devant les magistrats.

De la marche à l’attroupement : un feu de palettes et de pneus

La manifestation se voulait pacifique mais a rapidement dégénéré. Un feu de palettes et de pneus a été allumé sur un rond-point, face à une trentaine de gendarmes dépêchés sur place. Les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs interpellations. Les cinq prévenus ont été poursuivis pour des faits d’outrages, de violences, de dégradation de la chaussée liée aux palettes, ainsi que pour participation à un attroupement illégal et pour avoir, selon l’accusation, bravé les sommations de dispersion.

« Quand j’ai vu le feu de palettes, les partages d’alcool, j’ai compris que ça allait partir. Qu’est-ce que je pouvais faire ? »

Face aux juges, plusieurs prévenus ont donné des versions proches. Paul Valluet dit s’être rendu en levant les mains, puis avoir été menotté et plaqué au sol après une résistance qu’il conteste : « Les menottes étaient trop serrées ». Certains, selon leurs déclarations, disent n’avoir « pas tout compris » au moment des sommations.

Profils et éléments mis en avant à l’audience

Parmi les personnes jugées figuraient :

  • Paul V., 41 ans, frère du défunt et organisateur déclaré de la marche ;
  • Christophe B., 48 ans, présenté comme ami de la famille ; selon la procédure, il a jeté une palette et un pneu dans le feu et présentait un taux d’alcoolémie de 1,5 g au moment de son interpellation ;
  • Luigi R., qui conteste avoir commis des violences, évoquant s’être débattu ;
  • Joselito L., 43 ans, reproché notamment d’un refus d’obtempérer et d’avoir forcé le passage au volant de son véhicule ; un gendarme a affirmé qu’un collègue aurait été percuté si l’on ne s’était pas écarté ;
  • une cinquième personne dont les éléments figurent également au dossier et qui a comparu aux côtés des autres.

Devant le tribunal, la présidente a relevé des difficultés de compréhension des sommations par certains prévenus. Clémentine Blanc, qui accompagnait les personnes lors de l’audience, a déclaré ne pas comprendre pourquoi un ordre donné a été perçu comme « un mot bizarre » par l’un des prévenus.

Peines et enjeux locaux

Au final, quatre des cinq personnes ont été condamnées à des peines avec sursis pour les faits retenus. Les chefs de prévention couvraient l’ensemble des incidents observés lors de la soirée : outrages, violences, dégradation, participation à un attroupement et refus d’obtempérer. L’une des personnes, Joselito L., encourait, selon l’instruction, une peine plus lourde — jusqu’à quatre ans, dont trois ferme — en raison du refus d’obtempérer et du comportement allégué au volant ; les termes précis de la condamnation prononcée à son encontre n’ont pas été détaillés publiquement dans la source.

ÉlémentInformation
Nombre de manifestants présentsEnviron 40
Effectif des gendarmes sur placeEnviron 30
Prévenus jugés5
Condamnations4 peines avec sursis

Cette affaire soulève plusieurs questions locales : la durée de l’instruction relative au décès initial il y a neuf ans, la gestion policière de manifestations sensibles et la prévention des débordements lors de rassemblements commémoratifs. Des habitants de Roumazières et des proches du défunt avaient exprimé depuis plusieurs jours leur volonté d’obtenir des réponses sur le dossier, selon les éléments communiqués à l’audience.

Le dossier reste suivi par la justice : d’autres procédures et audiences pourraient être engagées si des éléments nouveaux apparaissent. Les riverains et les associations locales, qui avaient appelé à la tenue d’une marche pacifique, se disent partagés entre la quête de vérité sur la mort en garde à vue et la condamnation des violences constatées lors du rassemblement.

Sabrina Lecomte
Sabrina IA Cheffe du service Faits divers en ligne

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