Un jumelage scellé à 800 kilomètres du Pont-Vieux
Le 6 septembre, à Zwevegem (Flandre-Occidentale), une délégation conduite par le bourgmestre d'Espalion, Éric Picard, a apposé sa signature sur la charte qui officialise le jumelage entre la commune française et la cité flamande de quelque 24 600 habitants, aux portes de Courtrai. Les délégations de Le Coteau (Loire) et de Lorsch (Allemagne), déjà jumelées avec Zwevegem, assistaient à la cérémonie, selon un reportage de la télévision publique flamande VRT NWS.
Un lien tissé par l'industrie
Ce rapprochement ne relève pas du hasard : il s'inscrit dans une histoire industrielle partagée. Zwevegem est le berceau de la tréfilerie familiale Bekaert, fondée en 1880 et devenue depuis un groupe international actif dans le fil d'acier. Au début des années 1960, Bekaert entreprend une diversification dans l'ameublement et reprend la fabrique de meubles Puech, implantée à Espalion.
La production est transférée en 1963 au Coteau, dans la Loire, où le groupe venait d'ouvrir un site. Environ cinquante familles espalionnaises quittent alors leur département pour suivre l'usine et s'installer dans la région ligérienne. L'atelier produira des sièges métalliques sous l'enseigne Béka France, qui évoluera ensuite vers Diva, spécialisée dans le canapé convertible.
Un triangle d'amitiés qui se referme
Les liens personnels et familiaux entre ces villes ont perduré. Le Coteau s'était jumelé avec Zwevegem dès 1966, lors d'une charte signée entre son bourgmestre Charles Gallet et Antoine Bekaert, membre de la famille industrielle. En 1998, Le Coteau et Espalion officialisaient leur amitié, en grande partie grâce aux familles parties en 1963.
« Le triangle se referme », résume la chronologie qui relie désormais officiellement Espalion, Le Coteau et Zwevegem.
La signature du 6 septembre permet donc d'achever ce parcours en triangle : 1963 (transfert de Puech à Le Coteau), 1966 (Le Coteau — Zwevegem), 1998 (Le Coteau — Espalion) et désormais 2026 (Espalion — Zwevegem).
Conséquences locales et perspectives
Pour Zwevegem, ce jumelage renforce une ouverture internationale fondée sur un ancrage industriel profond. Il reconnait aussi le rôle du groupe Bekaert dans les échanges transfrontaliers du siècle dernier. Pour les habitants et les associations locales, un jumelage peut ouvrir des possibilités concrètes : échanges scolaires, échanges culturels, visites d'entreprises et commémorations liées à l'histoire commune des migrations professionnelles.
- Participation des délégations de Le Coteau et Lorsch à la cérémonie.
- Héritage industriel : implication de Bekaert dans le rapprochement.
- Rappel des déplacements de population en 1963, avec environ cinquante familles concernées.
Chronologie synthétique
| Année | Événement |
|---|---|
| 1963 | Reprise de la fabrique Puech par Bekaert et transfert de la production au Coteau |
| 1966 | Jumelage entre Le Coteau et Zwevegem |
| 1998 | Officialisation du jumelage entre Le Coteau et Espalion |
| 2026 | Signature de la charte de jumelage entre Espalion et Zwevegem (6 septembre) |
Si la cérémonie revêt un caractère symbolique, elle rappelle aussi que les dynamiques économiques du XXe siècle ont laissé des traces durables dans les trajectoires familiales et les relations intercommunales. Pour Zwevegem, dont l'identité reste liée à la présence de Bekaert, ce jumelage invite à conjuguer mémoire industrielle et coopération culturelle avec des partenaires désormais réunis par une même histoire.
Correspondance depuis Zwevegem — WE NEWS, Flandre.