La commune de Waterloo entend défendre ses habitants
Waterloo et l’ASBL « Piste 01, ça suffit ! » ont annoncé mardi qu’elles déposeront prochainement une requête en intervention volontaire dans la procédure juridique qui oppose la Région de Bruxelles‑Capitale à l’État fédéral au sujet de l’utilisation des pistes de Brussels Airport (Brussels‑National).
L’objectif affiché par la commune et le collectif citoyen est clair : défendre les intérêts des riverains survolés par le couloir d’approche de la piste 01, et faire valoir devant le tribunal les conséquences concrètes du survol dans la périphérie bruxelloise et le Brabant wallon.
Un couloir d’approche qui concerne plus de 170.000 personnes
Selon l’ASBL, le couloir d’approche lié à la piste 01 survole plus de 170.000 habitants répartis dans les trois Régions, et plus de 75 % de ces personnes se trouvent en dehors de la Région de Bruxelles‑Capitale. Le collectif insiste pour rappeler que le problème ne se limite donc pas à Bruxelles‑Ville.
- Communes explicitement citées : Kraainem, Wezembeek‑Oppem, Woluwe‑Saint‑Pierre, Rhode‑Saint‑Genèse, Lasne, La Hulpe et Waterloo.
- Durée des nuisances : plus de vingt ans pour les habitants concernés.
- Décisions antérieures : cessation des atterrissages de nuit en piste 01 en 2017, interdiction prolongée sous astreinte en 2025.
« Ce que Bruxelles découvre aujourd’hui, nous le vivons depuis deux décennies. »
Ni contre l’aéroport, ni résignation
L’ASBL tient à dissiper une lecture simpliste de sa position : elle ne se dit pas opposée à Brussels Airport, qu’elle reconnaît comme un outil économique majeur. Sa demande porte sur la gestion des flux pour réduire les nuisances sonores et préserver le cadre de vie des populations de la périphérie.
Concrètement, le collectif et la commune demandent de privilégier au maximum les pistes 25R et 25L pour les décollages et les atterrissages, en rappelant que ce schéma a été appliqué durant des décennies sans remise en question majeure.
Ce que l’intervention pourrait changer
En se portant partie intervenante dans la procédure opposant la Région bruxelloise à l’État fédéral, Waterloo et l’ASBL veulent :
- faire entendre la voix des riverains devant les juridictions compétentes ;
- apporter des éléments factuels et locaux sur l’impact des approches en piste 01 ;
- tenir pour compte les décisions antérieures relatives aux atterrissages nocturnes et leur prolongation sous astreinte.
Cette intervention ne préjuge pas de l’issue du litige juridico‑administratif. Elle marque toutefois la volonté d’une commune et d’un collectif citoyen de ne pas rester simples observateurs d’un débat qui a des répercussions directes sur la qualité de vie de leurs habitants.
Un dossier à suivre au niveau régional et fédéral
Le contentieux en question oppose des institutions de niveaux différents et porte sur l’usage même des infrastructures aéroportuaires, avec des implications à la fois techniques (trajectoires, horaires) et politiques (compétences, régulation). En s’engageant dans la procédure, Waterloo rejoint d’autres voix de la périphérie qui estiment que la question du survol mérite une prise en compte plus large que le seul territoire bruxellois.
| Élément | Chiffre / année |
|---|---|
| Nombre d’habitants survolés | ~170.000 |
| Part hors Bruxelles | > 75 % |
| Décision de cessation des atterrissages de nuit (piste 01) | 2017 |
| Prolongation de l’interdiction sous astreinte | 2025 |
Le dossier promet d’être suivi avec attention à Waterloo : il rassemble des enjeux de santé publique, de tranquillité publique et de gouvernance entre niveaux de pouvoir. Les prochaines étapes dépendront des suites procédurales et des éléments que la commune et l’ASBL apporteront à la Cour.