Trente lycéennes, âgées de 14 à 17 ans et sélectionnées sur dossier parmi près de 300 candidates, ont participé pendant dix jours à un programme de découverte scientifique organisé sur le campus de l’École des Mines de Sophia Antipolis. L’objectif affiché : montrer, par la pratique et le travail collectif, que les sciences et l’ingénierie sont des horizons accessibles aux jeunes femmes.
Trois projets concrets pour apprendre en faisant
Encadrées par des doctorantes, postdoctorantes et ingénieures, les participantes ont été réparties en trois ateliers, chacun centré sur un thème concret. Les groupes ont conçu, fabriqué, testé et itéré des prototypes, mettant en pratique des notions de physique, d’ingénierie, d’électronique et de chimie.
- Atelier « survie » : conception d’un four solaire et d’une machine de désalinisation de l’eau pour appréhender la réponse scientifique à des besoins vitaux.
- Atelier ingénierie : élaboration d’un projet complet, du dimensionnement au financement, incluant l’installation de panneaux solaires pour une école.
- Atelier recherche médicale : mise au point d’un hydrogel destiné à accompagner la pose de prothèses, offrant une immersion dans des protocoles expérimentaux proches du laboratoire.
« Aujourd’hui, on ne compte que 24 % de femmes dans les équipes scientifiques. Ce genre de camp a pour objectif de faire comprendre aux jeunes filles qu’elles sont tout à fait capables »
Cette phrase, prononcée par Annette Massias, déléguée du campus des Mines, résume l’enjeu sociétal de l’opération : au‑delà des connaissances techniques, il s’agit d’agir sur le rapport au métier, le sentiment d’appartenance et l’ambition professionnelle.
Rencontres professionnelles et modèle féminin
Les participantes ont également rencontré des entreprises locales et des chercheuses. Ces échanges visaient à proposer des repères concrets : parcourir des carrières, découvrir des parcours de formation, confronter idées reçues et réalité du terrain. Plusieurs étudiantes ont souligné l’importance de travailler « entre femmes » pour mesurer la normalité d’une place féminine en sciences ; une doctorante citée dans le reportage a ainsi relevé la valeur d’un encadrement majoritairement féminin pour renforcer la confiance.
Impacts attendus et limites
Un atelier intensif de dix jours ne résout pas à lui seul le déséquilibre de genre dans les filières scientifiques. Mais ce type d’initiative vise plusieurs effets complémentaires : susciter des vocations, offrir des modèles identifiables, et familiariser des adolescentes à des pratiques scientifiques réelles. À court terme, les participantes repartent avec des compétences techniques et des prototypes ; à moyen et long terme, l’objectif est d’augmenter le nombre de jeunes femmes qui choisissent des études en ingénierie ou en recherche.
| Atelier | Projet | Compétences mobilisées |
|---|---|---|
| Survie | Four solaire, désalinisation | Thermodynamique, mécanique, chimie |
| Ingénierie | Installation de panneaux solaires | Conception, dimensionnement, gestion de projet |
| Recherche médicale | Hydrogel pour prothèses | Matériaux, protocoles expérimentaux, biocompatibilité |
Sur un plan plus structurel, ces programmes soulignent le rôle des écoles et des établissements de recherche pour agir en amont sur la diversité des publics. Ils rejoignent des politiques plus larges — universitaires et publiques — visant à soutenir l’égalité des chances dans l’orientation scolaire et professionnelle.
Enfin, les organisateurs insistent sur la nécessité de multiplier ces formats immersifs et d’assurer un suivi des participantes afin d’évaluer l’effet réel sur leurs choix d’études. La statistique mise en avant par les organisatrices, 24 % de femmes dans les équipes scientifiques, rappelle que le chemin reste long pour parvenir à une représentation équilibrée.
Ce type d’expérience, en mêlant pratique, rencontre et réflexion, constitue une réponse pédagogique concrète aux freins sociaux et culturels qui orientent encore trop souvent les choix d’orientation. Pour que l’égalité progresse, les initiatives locales doivent toutefois s’inscrire dans une dynamique plus large, incluant écoles, universités et acteurs économiques.