Un projet qui ravive le débat sur l'urbanisme communal
Le projet présenté par le promoteur Thomas & Piron visant la construction de 41 logements à Thorembais-Saint-Trond relance un vif débat politique au sein du conseil communal. La majorité a exprimé son opposition à la demande d'urbanisation, mais cette position n'a pas apaisé l'opposition Villages, qui dénonce un relent d'impréparation dans la gestion de l'aménagement local.
Des critiques centrées sur le schéma d'orientation local
Le cœur du différend porte sur le schéma d'orientation local (SOL) adopté par la majorité « Ensemble » en 2024. Selon Jean-Marc Aldric — porte-parole du groupe Villages — ce SOL aurait été « trop permissif » et « pas assez contraignant », laissant planer des incertitudes sur la future mise en œuvre de projets d'ampleur.
« Vous avez adopté un SOL dont le contenu ne nous convenait absolument pas. On avait l'intime conviction qu'il n'encadrait pas assez le développement urbanistique de Thorembais-Saint-Trond, notamment par rapport à la densité, la mobilité et la gestion des eaux. »
Pour l'opposition, le risque est double : d'une part, une densification jugée excessive pour certaines zones ; d'autre part, une absence de garde-fous en matière de mobilité et de gestion des eaux pluviales, éléments cruciaux pour la qualité de vie des riverains.
La réponse de la majorité : attendre les expertises
Interrogé lors du conseil communal du 20 août, le bourgmestre Jordan Godfriaux a indiqué que la commune avait sollicité des avis d'experts wallons sur le dossier. Selon lui, il serait prématuré d'invoquer certaines dispositions réglementaires tant que le rapport sur les incidences environnementales (RIE) n'est pas plus avancé.
« Il nous a été répondu que c'était prématuré, tant que le rapport sur les incidences environnementales (RIE) n'était pas plus avancé. Nous utiliserons l'article en question quand ce sera utile. On défendra les habitants et on votera contre l'ouverture de voirie. »
Le bourgmestre affirme donc vouloir temporiser et réserver l'usage des outils juridiques disponibles à la commune au moment opportun, en particulier l'article D.IV.58 du Code du développement territorial, qui permettrait de geler des projets pendant l'élaboration du schéma de développement communal (SDC).
Conséquences locales et points d'attention
Le dossier met en lumière plusieurs enjeux concrets pour la commune et ses habitants :
- Densité : 41 logements représentent une augmentation notable pour un périmètre villageois ; la question de l'emprise au sol et de la typologie des logements reste centrale.
- Mobilité : les accès, le trafic et les besoins en stationnement doivent être évalués pour éviter des nuisances pour les riverains.
- Gestion des eaux : la capacité des réseaux et les risques d'inondation ou de saturation lors d'événements pluvieux sont un motif d'inquiétude pour l'opposition.
| Élément | Statut |
|---|---|
| Adoption du SOL | 2024 (par la majorité) |
| Demande d'application de l'article D.IV.58 | Formulée par Villages en mars 2025 |
| Débat au conseil communal | 20 août (session récente) |
Dans ce contexte, la position de la majorité — opposée au permis d'urbanisation annoncé — ne rassure pas l'opposition, qui considère que la collectivité ne s'est pas donné les moyens suffisants pour protéger le village. À l'inverse, la majorité plaide pour une démarche mesurée, fondée sur les avis techniques et la progression du RIE.
Quel calendrier pour la suite ?
La décision finale dépendra des conclusions du rapport sur les incidences environnementales et de l'examen des instruments juridiques que la commune pourra invoquer. Les riverains attendent désormais des réponses claires sur la manière dont seront prises en compte la densité, la mobilité et la gestion des eaux avant toute autorisation définitive.
Le dossier reste ouvert et illustre la difficulté, pour les communes de la région, à concilier développement immobilier et préservation des caractéristiques villageoises, tout en respectant les prescriptions régionales en matière d'aménagement du territoire.