La Polynésie française fait face à une explosion de l’obésité. Selon des données publiées récemment, plus d’un adulte sur deux (51 %) et un adolescent sur quatre sont aujourd’hui concernés par l’obésité dans cet ensemble de collectivités d’outre‑mer. Cette progression, passée de 40 % à 51 % en onze ans chez les adultes, suscite de fortes inquiétudes pour la santé publique locale et pour les finances de la Sécurité sociale polynésienne.
Des chiffres alarmants et des conséquences sanitaires
La progression de l’obésité s’accompagne d’une augmentation des pathologies associées : diabète, maladies cardiovasculaires et autres affections chroniques. Actuellement, plus de 46 000 Polynésiens — soit environ 17 % de la population totale estimée à 280 000 habitants — sont en longue maladie, ce qui coûte chaque année 335 millions d’euros à la Sécurité sociale locale.
Ces chiffres mettent en lumière la double problématique : une part importante de la population souffre de facteurs de risque évitables, et le système de protection sociale supporte déjà une charge financière considérable liée aux complications de ces affections.
Des témoignages qui mêlent réalité sociale et pratiques alimentaires
Le reportage rapporte des témoignages de terrain qui illustrent la diversité des situations : certains continuent une activité physique régulière, alors que d'autres subissent les limitations imposées par le surpoids. Ainsi, un lycéen de 15 ans confie peser 140 kg et évoque les difficultés pour pratiquer certains sports mais aussi pour se vêtir, un besoin qui pousse sa famille à chercher des tailles spécifiques à l’étranger.
« J’essaie de diminuer les quantités, mais je mange trop à chaque repas », dit Terai Hatitio, lycéen cité dans le reportage.
Du côté commercial, des boutiques locales se sont adaptées : certaines proposent des vêtements jusqu’au 5XL et envisagent d’élargir leurs tailles. Une vendeuse citée dans le reportage précise qu’il est réfléchi d’aller jusqu’au 6 ou 7XL pour répondre à la demande.
Quelle réponse des autorités ?
Le gouvernement polynésien a affiché sa volonté de s’attaquer aux multiples facteurs expliquant cette hausse. Le reportage souligne la nécessité d’actions coordonnées : prévention nutritionnelle, promotion de l’activité physique, adaptation de l’offre de soins et des infrastructures, et prise en charge des pathologies chroniques déjà installées.
Les enjeux sont à la fois sanitaires et économiques : sans mesures efficaces, la tendance risque de se maintenir, accentuant la pression sur la Sécurité sociale locale et sur les services de santé. La dimension sociale — accès aux aliments sains, moyens économiques, éducation à la nutrition — est elle aussi soulignée comme déterminante pour inverser la courbe.
Points à retenir
- Prévalence élevée : 51 % des adultes et 25 % des adolescents sont touchés par l’obésité en Polynésie française.
- Coût social : 46 000 personnes en longue maladie (17 % de la population), pour un coût annuel de 335 millions d’euros pour la Sécu locale.
- Actions nécessaires : prévention, promotion de l’activité physique, adaptation des services et politiques publiques ciblées.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Prévalence d’obésité chez les adultes | 51 % |
| Prévalence d’obésité chez les adolescents | 25 % |
| Population totale (estimation) | ~280 000 |
| Personnes en longue maladie | 46 000 (17 %) |
| Coût annuel pour la Sécu locale | 335 M€ |
Face à ces données, les autorités sanitaires locales devront articuler réponses structurelles et mesures de prévention communautaires. À l’échelle nationale comme en outre‑mer, la lutte contre l’obésité reste un défi majeur, tant pour la santé des populations que pour la soutenabilité des systèmes de protection sociale.