À deux semaines de la rentrée scolaire, le tableau de bord du ministère de l’Éducation du Québec indique que 3 132 postes d’enseignant restaient à pourvoir au 10 août, soit 3,6 % des 87 151 postes recensés pour l’ensemble des écoles primaires et secondaires de la province. Ce chiffre, publié mercredi après-midi par le ministère, suscite l’inquiétude des syndicats qui demandent des mesures concrètes avant la reprise des cours.
Évolution des chiffres et changement de méthodologie
Le document ministériel rappelle que, l’an dernier à la même période, 4 115 postes étaient alors affichés comme vacants, représentant 4,4 % des besoins totaux (sur une base de 92 820 enseignants). Le ministère a toutefois modifié sa méthode de comptage pour 2026 en retirant « les postes non admissibles ou les doublons », explication qui contribue, selon lui, à la baisse apparente du nombre de postes ouverts.
| Date | Postes non pourvus | Base totale | Pourcentage |
|---|---|---|---|
| 10 août 2026 | 3 132 | 87 151 | 3,6 % |
| 11 août 2025 | 4 115 | 92 820 | 4,4 % |
Les syndicats mettent en garde contre une lecture trop rapide et favorable de ces chiffres. Pour la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), la modification de la méthodologie rend les séries temporelles difficilement comparables et empêche d’affirmer qu’il y a moins de postes à combler qu’en 2025.
« Personne ne peut affirmer que moins de postes demeurent à combler », affirme Annie‑Christine Tardif, vice‑présidente à la vie professionnelle de la FAE.
Réactions syndicales et demande d’actions
Les organisations représentatives des enseignants expriment la même préoccupation quant à l’impact sur les équipes déjà en place et sur la qualité de la rentrée. Pour la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), la situation « est toujours très préoccupante » et il ne faut pas la normaliser.
Richard Bergevin, président de la FSE, appelle le gouvernement à mettre en œuvre des mesures de soutien pour les enseignants en poste, afin d’accompagner les nouveaux arrivants et d’éviter que la charge pesant sur le personnel en place ne compromette le début d’année scolaire.
- Les syndicats pointent la nécessité d’un accompagnement renforcé pour les équipes déjà présentes dans les écoles.
- Ils réclament des mesures de recrutement et de rétention plus vigoureuses pour combler les postes avant la rentrée.
- Le ministère se défend en expliquant que la mise à jour est un « processus administratif habituel ».
Incidence et enjeux pour la rentrée
Si la baisse du nombre absolu de postes vacants peut paraître positive sur le papier, la contestation sur la méthode de comptage et l’ampleur restante du besoin — plus de 3 000 enseignants — rendent le tableau plus nuancé. Les inquiétudes portent sur plusieurs conséquences pratiques : classes sans titulaire, multiplication des remplacements, surcharge de travail pour les enseignants présents, et risques pour la qualité pédagogique à l’ouverture des écoles.
Le ministère de la ministre Sonia LeBel n’a pas souhaité commenter les chiffres au‑delà de la communication publique, qualifiant la mise à jour du tableau « d’un processus administratif habituel ». Les syndicats, eux, continuent de demander des garanties et des moyens pour assurer une rentrée sereine.
La situation au Québec illustre des difficultés partagées par plusieurs systèmes éducatifs : attirer et retenir des enseignants reste un défi structurel, nécessitant des réponses sur le long terme — formation, conditions de travail, et politiques de recrutement ciblées — que réclament aujourd’hui notamment la FAE et la FSE.