Les membres de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec (FTPQ), affiliée au SCFP, ont rejeté à une écrasante majorité l’offre patronale qui leur était présentée, a annoncé le syndicat après son conseil général tenu mardi. Le résultat du scrutin — 92 % de votes contre — illustre la profonde insatisfaction des paramédicaux face aux propositions avancées par les employeurs.
Des revendications jugées insuffisantes
Selon la FTPQ, plusieurs points cruciaux « restent sans réponse satisfaisante » dans l’offre actuelle. Le syndicat identifie notamment :
- les conditions de départ à la retraite ;
- les modalités liées au travail à temps partiel ;
- une prime dont l’application entraînerait une disparité de traitement entre les régions.
Ces éléments expliquent, selon la FTPQ, le rejet massif de la proposition. Le président du syndicat a résumé la position des membres en des termes sans ambiguïté.
« Les paramédics demandent une véritable reconnaissance de leur travail, tant sur le plan salarial que dans leurs conditions de travail. Le résultat du vote, à 92 %, envoie un message extrêmement clair : l’offre actuelle ne répond pas aux attentes de nos membres. »
La FTPQ a indiqué vouloir retourner à la table de négociation dès que possible, tout en annonçant la mise en place de « moyens de pression et des stratégies de mobilisation importantes » au cours des prochaines semaines. Le syndicat n’a pas détaillé immédiatement la nature précise de ces actions.
Un contexte plus large de négociations
Ce vote intervient dans un paysage syndical des paramédicaux déjà tendu cet été. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), affiliée à la CSN, avait conclu fin juillet une entente de principe visant le renouvellement des conventions collectives de plusieurs syndicats. Cette entente n’a toutefois pas recueilli l’adhésion unanime des membres concernés.
La FSSS a en effet rapporté, lundi, que les membres employés par Urgences-santé à Montréal et à Laval avaient rejeté l’accord d’ensemble à hauteur de 60 %. Dans ce cas, le sort final de l’entente dépend d’une règle de double majorité, et n’est donc pas encore scellé.
| Organisme | Affiliation | Résultat du vote |
|---|---|---|
| FTPQ | SCFP | 92 % de rejet |
| FSSS (Urgences-santé Montréal/Laval) | CSN | 60 % de rejet |
Conséquences possibles pour les services préhospitaliers
Les tensions autour des négociations portent sur des enjeux qui touchent à la fois la reconnaissance professionnelle et les conditions opérationnelles des équipes préhospitalières. Des désaccords prolongés pourraient conduire à des moyens de pression susceptibles d’impacter la disponibilité du personnel sur le terrain, la cadence des interventions et l’organisation des services d’ambulance. La FTPQ, en rejetant massivement l’offre, a toutefois affirmé sa volonté de revenir négocier, ce qui laisse la porte ouverte à une résolution par le dialogue.
Les autorités de santé et les employeurs ne sont pas cités dans le communiqué comme ayant réagi publiquement au résultat du vote. Les discussions à venir détermineront si les parties parviendront à combler les écarts sur la retraite, le temps partiel et l’application des primes, ou si la contestation syndicale s’intensifiera.
Pour l’heure, la situation reste fluide. Les paramédicaux affirment exiger une « véritable reconnaissance » de leur travail ; les prochaines rencontres de négociation seront scrutées de près par les services de santé et la population en attente d’un maintien normal des prestations d’urgence préhospitalières.