Des saisies et une politique répressive en chaîne
La police d'Ottignies‑Louvain‑la‑Neuve a lancé ces dernières semaines une opération ciblée contre les trottinettes électriques « non conformes » : six engins, jugés trop lourds ou susceptibles de dépasser la vitesse maximale autorisée de 25 km/h, ont été saisis et sont promis à la destruction. Cette action a relancé le débat dans le Brabant wallon sur la manière de réguler l'usage massif de ces appareils, souvent utilisés pour les trajets domicile‑travail.
En fin de conseil communal à Wavre, le conseiller Paul Brasseur (MR) a demandé si la commune allait « emboîter le pas » à sa voisine. Selon le premier échevin Benoît Raucent, la police locale ne reste pas inactive : « Quinze trottinettes ou engins non réglementaires ont déjà été saisis en un an », a‑t‑il indiqué. La commune utilise désormais une application plus stricte de la loi relative à l'assurance des véhicules automoteurs pour faciliter la verbalisation et permettre la destruction complète des appareils dangereux.
« Nombreux sont ceux qui ignorent cette nouvelle loi », a regretté l'échevin Benoît Raucent, en appelant à une meilleure information des usagers.
Règles et obligations rappelées
Depuis le 1er septembre, plusieurs obligations et interdictions s'appliquent aux utilisateurs de trottinettes électriques, rappelées par les autorités communales et policières :
- port du casque devenu obligatoire pour certains appareils ;
- âge minimal fixé à 16 ans pour l'usage de ces engins ;
- circulation sur la chaussée uniquement, interdiction de rouler sur les trottoirs ;
- limitation de vitesse à 25 km/h pour les engins admis à circuler.
Pour sensibiliser la population, la police de Wavre a réalisé une vidéo explicative diffusée sur les réseaux sociaux visant à rappeler ces règles élémentaires et à encourager le respect des consignes de sécurité.
Des chiffres qui inquiètent
L'enjeu sécuritaire se traduit dans les chiffres d'accidentologie communiqués pour le Brabant wallon. En 2025, on a dénombré 64 blessés liés aux accidents impliquant vélos, trottinettes et speed pedelecs, contre 35 l'année précédente. Parmi ces victimes :
| Année | Nombre de blessés | Détails |
|---|---|---|
| 2024 | 35 | — |
| 2025 | 64 | 60 légers, 3 graves, 1 décès dans les 30 jours |
Les statistiques montrent une hausse manifeste des accidents et révèlent que la plupart des victimes sont des hommes et souvent des jeunes. Dans ce contexte, Wavre souhaite multiplier les contrôles afin d'endiguer les comportements à risque et de retirer de la circulation les appareils non conformes.
Conséquences locales et pratiques
Pour les habitants de Louvain‑la‑Neuve ou ceux qui traversent régulièrement le Brabant wallon, ces mesures peuvent se traduire par :
- contrôles routiers plus fréquents et opérations de vérification des appareils ;
- confiscation et destruction d'engins non conformes ;
- amendes en cas de non‑respect des obligations (casque, âge, circulation sur chaussée) ;
- campagnes d'information ciblées sur les réseaux sociaux et dans les communes.
Si la politique de Wavre s'aligne effectivement sur l'initiative d'Ottignies‑Louvain‑la‑Neuve, les usagers devront à la fois adapter leur comportement et s'assurer que leur matériel respecte les normes en vigueur. Les autorités locales insistent sur le double objectif : améliorer la sécurité sur la voie publique et réduire le nombre d'accidents graves impliquant des engins légers motorisés.
La question reste désormais politique : comment concilier mobilité douce, besoins de déplacement des citoyens et sécurité routière, sans pénaliser les usagers respectueux des règles ? Les prochains mois devraient apporter des éclairages, à la fois opérationnels et en termes de communication publique.