Le Parlement hongrois a voté, lundi 28 septembre, la levée de l’immunité du Premier ministre Péter Magyar et de deux anciens ministres de l’ère Viktor Orbán, permettant ainsi au parquet général de conduire des poursuites pénales à leur encontre. La demande, présentée la semaine précédente par le parquet, a été approuvée par une large majorité des députés siégeant.
Une décision qui ouvre la voie aux enquêtes
Sur les 199 sièges que compte l’Assemblée, la motion a recueilli 139 voix en faveur de la levée des immunités. Le groupe au pouvoir, composé du parti Fidesz et de son allié chrétien-démocrate KDNP, a pour sa part choisi de boycotter le vote, privant l’hémicycle de la présence de ses parlementaires pour cet examen.
La mesure vise trois dossiers distincts. Pour le Premier ministre Péter Magyar, il s’agit des suites d’un incident survenu en 2024 dans une boîte de nuit où il avait été filmé en train de danser aux côtés de plusieurs jeunes femmes. Selon les éléments transmis au Parlement, le chef du gouvernement aurait ensuite pris le téléphone d’une de ces personnes puis l’aurait jeté dans le Danube. Péter Magyar avait lui‑même demandé la levée de son immunité, dénonçant une procédure qu’il qualifie de « mascarade ».
« mascarade »
Les deux autres dossiers concernent des faits de corruption qui impliquent Balázs Hankó, ancien ministre de la Culture et de l’Innovation, et Miklós Seszták, ancien ministre du Développement et député du KDNP. Balázs Hankó est mis en cause pour le détournement présumé de 47 millions d’euros de fonds publics, une somme dont une partie serait liée au financement de la campagne électorale du Fidesz en vue des élections législatives de 2026. Le cas de Miklós Seszták relève également d’accusations financières, selon les informations communiquées au Parlement.
Conséquences politiques et judiciaires
La levée d’immunité marque une étape procédurale importante : elle permet au parquet de mener des actes d’enquête (auditions, perquisitions, mises en examen) qui étaient jusque‑là entravés par la protection parlementaire. Elle ouvre également un débat politique en Hongrie, où les oppositions et les alliés du pouvoir s’opposent sur l’indépendance des institutions judiciaires et sur l’usage politique des procédures pénales.
Plusieurs implications sont à suivre :
- la nature et l’ampleur des investigations que le parquet décidera d’engager contre les trois hommes ;
- les conséquences sur la vie politique hongroise, notamment si des charges formelles conduisent à des procédures pénales ;
- l’impact sur l’image européenne de la Hongrie, déjà au cœur de tensions récurrentes avec les institutions de l’Union sur l’état de droit et la gestion des fonds publics.
| Élément | Chiffre / fait |
|---|---|
| Sièges au Parlement | 199 |
| Votes en faveur | 139 |
| Montant évoqué (détournement présumé) | 47 millions d’euros |
Si Péter Magyar, qui a renoncé à son immunité, affirme vouloir clarifier l’affaire qui le vise, l’issue des investigations dépendra désormais des preuves rassemblées par le parquet et, le cas échéant, des décisions judiciaires futures. Pour les deux anciens ministres, la procédure judiciaire pourrait aboutir à des charges formelles si les enquêteurs estiment que les éléments sont réunis.
Au‑delà des individus concernés, cette affaire rappelle combien l’articulation entre pouvoirs judiciaires et pouvoirs politiques reste un sujet sensible dans plusieurs États membres de l’Union européenne. En Belgique comme ailleurs, la société civile et les institutions gardent un œil attentif sur la manière dont sont traitées les affaires impliquant des responsables publics, tant pour garantir l’indépendance de la justice que pour préserver la confiance démocratique.