Le Manitoba a annoncé l’embauche de 17 psychiatres supplémentaires cette année afin d’accroître la capacité d’évaluation et de prise en charge en santé mentale dans la province. Selon les autorités sanitaires provinciales, ces renforcements équivaudront à 20 postes grâce au partage du temps de pratique de certains médecins entre plusieurs établissements.
Une réponse à des postes vacants et à des besoins ruraux
Avant ces recrutements, près de 20 % des postes de psychiatres étaient inoccupés au Manitoba, rappelle le service responsable de la santé mentale de la province. Le manque de spécialistes se fait particulièrement sentir hors des centres urbains, où « il y a un besoin énorme d’évaluation et de traitement dans les zones rurales », souligne le Dr James Bolton, responsable médical provincial pour la santé mentale, les dépendances et les spécialités médicales chez Soins communs.
« Il y a un besoin énorme d’évaluation et de traitement dans les zones rurales, et nous avions des postes vacants depuis des années. » — Dr James Bolton
Trois des nouveaux psychiatres exerceront au Centre de santé mentale de Selkirk. Les autres seront répartis entre plusieurs hôpitaux de la province, notamment l’Hôpital Saint-Boniface, le Centre des sciences de la santé de Winnipeg et l’Hôpital Grace. Le renfort bénéficiera aussi au Programme de santé mentale pour les enfants et les adolescents.
Une stratégie mêlant recrutement et formation locale
Les autorités indiquent que plusieurs des nouveaux praticiens ont effectué leur résidence au Manitoba et font partie de la dernière cohorte diplômée. La province met ainsi l’accent sur deux volets complémentaires :
- le recrutement de médecins supplémentaires pour répondre aux besoins immédiats ;
- la formation locale pour consolider une main-d’œuvre psychiatrique durable sur le long terme.
« Former des médecins chez soi permet de bâtir une main-d’œuvre durable en psychiatrie au Manitoba », précise encore le Dr Bolton, expliquant que la stratégie ne se limite pas à attirer des praticiens venus d’ailleurs.
Retombées attendues sur le réseau de soins
Les autorités de santé estiment que l’arrivée de ces spécialistes aura des effets positifs au-delà des consultations psychiatriques : augmenter le nombre d’évaluations et améliorer la prise en charge des patients doit aussi renforcer le fonctionnement du réseau de soins dans son ensemble, en soutien aux infirmières, travailleurs sociaux, psychologues et ergothérapeutes impliqués dans les parcours de soins.
| Chiffre | Précision |
|---|---|
| 17 | psychiatres embauchés cette année |
| 20 | équivalent de postes pourvus (partages de temps) |
| 20 % | taux de postes vacants avant ces recrutements |
| 3 | psychiatres affectés au Centre de santé mentale de Selkirk |
Les informations publiées par les autorités provinciales ne détaillent pas la répartition complète de tous les postes ni les calendriers précis d’entrée en fonction. Elles confirment toutefois une priorité claire : réduire les listes d’attente en santé mentale et renforcer les services, en particulier pour les populations rurales et pour les enfants et adolescents.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte plus large où les gouvernements provinciaux canadiens cherchent à pallier des pénuries de spécialistes et à améliorer l’accès aux soins en santé mentale, problématique partagée par plusieurs systèmes de santé à travers le monde.