La France a interpellé vendredi 18 septembre les autorités russes pour qu'elles reviennent sur la décision de placer sous « administration provisoire » plusieurs filiales en Russie d'entreprises françaises et européennes, a indiqué un communiqué conjoint des ministères des Affaires étrangères et de l'Économie.
Paris réclame des explications et reste en contact avec les groupes concernés
Dans ce communiqué, la diplomatie et l'économie françaises « dénoncent la mise sous administration provisoire sans justification des filiales russes de plusieurs entreprises françaises et européennes » et précisent qu'elles « sont en contact étroit avec les entreprises concernées ». Il s'agit d'une réaction officielle au décret présidentiel russe publié jeudi qui transfère les actifs visés à une société locale, nommée L.E.V. Management.
Les groupes explicitement cités comme visés par cette mesure sont Nestlé, la filiale russe d'Auchan et une ancienne entité liée à Leroy Merlin. Ces décisions ont été motivées, selon le Kremlin, par l'appartenance de ces actifs à des pays qualifiés d'« inamicaux » envers la Russie dans le contexte du conflit en Ukraine.
« L'un des facteurs qui a été pris en compte pour cette décision, est le fait qu'il s'agit de pays inamicaux (...) qui sont actuellement impliqués de la manière la plus active possible dans des actions militaires contre notre pays », a déclaré Dmitri Peskov, porte‑parole de la présidence russe.
Réactions des entreprises et enjeux pour l'activité
Peu après la publication du décret, Nestlé a publié un bref communiqué indiquant qu'il prenait « note » de la décision et qu'il était en train « d'évaluer la situation et ses options ». Le groupe suisse affirme vouloir « prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses droits et assurer la continuité de ses activités, dans l'intérêt de toutes les parties prenantes, et en particulier de ses employés ».
Le communiqué français met l'accent sur la nécessité d'obtenir des justifications et sur le suivi rapproché des entreprises affectées. À court terme, cette mise sous administration peut compliquer la gestion opérationnelle des sites, la protection des actifs et le sort des salariés locaux, et introduit une incertitude juridique et financière pour les groupes concernés.
- Actifs concernés : filiales russes de Nestlé, la filiale russe d'Auchan, ancienne entité de Leroy Merlin.
- Mesure russe : transfert des actifs à la société russe L.E.V. Management via un décret présidentiel.
- Position française : demande formelle de revenir sur la décision et suivi rapproché des entreprises.
Conséquences possibles pour l'Europe et pour la Belgique
Pour les autorités françaises et européennes, la mesure s'inscrit dans une logique de rétorsion envers des pays considérés comme hostiles. Sur le plan économique, la mise sous administration provisoire soulève plusieurs risques : interruption des chaînes d'approvisionnement, difficultés pour rapatrier des dividendes ou des flux financiers, et risques pour l'emploi local. Ces effets peuvent indirectement toucher des partenaires et filières basés en Belgique, notamment par des perturbations des importations, des relations commerciales ou des investissements de groupes multinationaux présents sur les deux marchés.
La situation appelle aussi une vigilance juridique : les recours internationaux et nationaux des entreprises concernées, ainsi que les réponses politico‑diplomatiques des États européens, détermineront la portée réelle et durable de cette nationalisation de fait d'actifs étrangers. Pour l'heure, les autorités françaises privilégient un dialogue avec les entreprises et une demande de clarification auprès de Moscou plutôt qu'une confrontation immédiate.
| Entreprise | Mesure |
|---|---|
| Nestlé | Actifs transférés sous administration temporaire; groupe en train d'évaluer la situation |
| Auchan (filiale russe) | Actifs placés sous administration temporaire |
| Ancienne entité Leroy Merlin | Actifs transférés à L.E.V. Management |
La suite dépendra des démarches juridiques et diplomatiques entreprises dans les prochains jours. Le communiqué conjoint français témoigne d'une volonté de préserver les droits des entreprises et d'éviter une escalade qui pénaliserait davantage les activités économiques et les salariés concernés.
Delphine Vandevelde
Cheffe du desk Économie, WE NEWS