Le sous‑financement chronique met selon la CSN en péril l’ensemble du système éducatif québécois, a averti la confédération dans un texte publié à la mi‑août. Des bâtiments dégradés, des classes surchargées, des gels d’embauche et la multiplication d’actes de violence y sont présentés comme autant de symptômes d’un malaise profond qui, pour les syndicats, doit être traité au plus vite par le futur gouvernement.
Trois demandes claires avant la rentrée et l’élection
La CSN formule trois exigences que les partis politiques doivent inscrire dans leurs programmes, alors que la campagne électorale se déroulera « simultanément à la rentrée 2026 » et que le Québec élira un nouveau gouvernement en octobre.
- Augmenter substantiellement le financement public et prévisible des réseaux d’éducation et d’enseignement supérieur, afin d’assurer embauches, sécurité du personnel, et entretien et rénovation des infrastructures.
- Intégrer les écoles privées et leur personnel au sein d’un système d’éducation public, inclusif, accessible, non sélectif et gratuit, pour mettre un terme à ce que la CSN qualifie d’« école à trois vitesses ».
- Tenir des états généraux sur l’éducation, couvrant la maternelle jusqu’à l’université, pour définir collectivement les priorités et les moyens à mettre en œuvre.
« L’éducation doit être la vraie priorité du prochain gouvernement, pas juste un slogan de campagne »,
a souligné la présidente de la CSN, Caroline Senneville, citée dans le communiqué.
Un diagnostic dénoncé et un appel aux chiffres
La confédération décrit une situation quotidienne dégradée pour les usagers et le personnel : services aux étudiants qualifiés de « faméliques », recours à des gels d’embauche, et infrastructures laissées à l’abandon. Les fédérations affiliées à la CSN rappellent, selon le texte, que les effets négatifs du sous‑financement sont concrets et visibles sur le terrain.
La CSN presse en outre les partis de présenter des engagements concrets et chiffrés en matière d’éducation et d’enseignement supérieur, afin que la promesse d’amélioration ne reste pas un simple slogan. Elle fustige l’austérité budgétaire qu’elle estime imposée aux réseaux et demande des garanties de financement prévisibles pour contrer l’incertitude qui pèse sur les établissements.
Contexte politique et conséquences potentielles
Le calendrier politique — pré‑rentrée suivie d’une campagne électorale et d’un scrutin provincial en octobre — place l’éducation au centre des discussions publiques. Pour la CSN, le risque est que les débats restent superficiels si les partis ne répondent pas par des engagements chiffrés. L’organisation syndicale suggère qu’à défaut d’actions ambitieuses, les problèmes structurels (manque de personnel, usure des bâtiments, qualité des services aux étudiantes et étudiants) continueront à s’aggraver.
Sans annonces concrètes, plusieurs conséquences sont implicites : dégradation continue des conditions d’apprentissage, épuisement du personnel éducatif et aggravation des inégalités entre établissements publics et privés si le statu quo perdure.
| Constat | Demande de la CSN |
|---|---|
| Bâtiments en ruine | Financement pour l’entretien et la rénovation |
| Classes bondées / gels d’embauche | Embouchages et financement prévisible |
| Services aux étudiants insuffisants | Renforcement des services et protection sociale |
La CSN demande que l’éducation cesse d’être un « slogan de campagne » et redevienne une priorité réelle et chiffrée. À moins que les partis n’apportent des réponses précises d’ici la rentrée, le débat public sur l’avenir scolaire du Québec devrait rester au cœur des préoccupations des familles, des personnels éducatifs et des organisations syndicales dans les semaines à venir.