Économie

La Banque nationale prévoit un léger rebond de la croissance belge à +0,3 % au T3 2026

La demande intérieure devrait soutenir une reprise modeste au troisième trimestre, portée par une consommation des ménages étonnamment résistante ; les investissements des entreprises restent fragiles mais devraient repartir faiblement à la hausse.

La Banque nationale prévoit un léger rebond de la croissance belge à +0,3 % au T3 2026
©Illustration IA Delphine Vandevelde / we-news.com

La Banque nationale de Belgique anticipe une reprise ténue de l'activité économique au troisième trimestre 2026, avec une croissance du produit intérieur brut attendue à +0,3 %. Ce redressement s'appuie principalement sur un léger renforcement de la demande intérieure, notamment une consommation des ménages qui s'est révélée « étonnamment résistante » au deuxième trimestre.

Consommation des ménages : résistance malgré des fondamentaux modérés

Les services d'étude de la Banque nationale relèvent que, même si les fondamentaux — en particulier la croissance du pouvoir d'achat — restent au mieux modestes, plusieurs indicateurs de confiance ont retrouvé des couleurs. La confiance des consommateurs se situe désormais autour de sa moyenne historique après avoir reculé depuis le pic de janvier, tandis que les indicateurs du commerce de détail se sont améliorés au cours de l'été. Dans ce contexte, la consommation privée devrait globalement se maintenir au troisième trimestre plutôt que chuter.

Investissements : reprise lente et ciblée

Les investissements des entreprises ont connu une contraction au deuxième trimestre de 2026 mais la Banque nationale prévoit un retour à une croissance modérément positive au troisième trimestre. Les ménages montrent également un léger regain d'investissement dans le logement. Toutefois, l'institut souligne la fragilité des perspectives : la confiance des entreprises demeure mesurée et le taux d'utilisation des capacités de production reste bas. Les investissements observés sont majoritairement orientés vers des gains d'efficacité et des réductions de coûts, plutôt que vers une expansion des capacités productives.

Finances publiques et investissements publics

La consommation des administrations publiques a légèrement augmenté au deuxième trimestre mais devrait rester stable au troisième, dans un contexte d'efforts d'assainissement budgétaire. Les investissements publics ont fortement diminué après deux trimestres marqués par des niveaux élevés, liés notamment à la réception d'équipements de défense importés. La Banque nationale anticipe toutefois un retour à une croissance modérée de ces investissements, porté par l'expansion prévue des capacités militaires qui devrait maintenir les dépenses d'investissement supérieures à leur moyenne historique.

Exportations et balance extérieure

La contribution des exportations nettes au PIB est attendue globalement neutre pour le troisième trimestre : les exportations belges poursuivraient leur progression, mais cette dynamique serait compensée par l'évolution parallèle des importations, sans impact majeur sur la croissance globale.

Implications concrètes :

  • Pour les ménages : une consommation qui tient mieux que prévu peut limiter l'érosion du pouvoir d'achat sur le court terme, mais la reprise reste fragile.
  • Pour les entreprises : l'accent sur l'efficacité plutôt que l'expansion laisse peu d'effet d'entraînement sur l'emploi et la capacité productive, freinant un rebond plus marqué.
  • Pour les finances publiques : la stabilisation de la demande intérieure et un rebond modéré des investissements publics facilitent un peu la mise en oeuvre des plans d'assainissement, mais ne dispensent pas d'un suivi budgétaire strict.
ComposanteTendance observée / prévue
Consommation des ménagesRésistante, globalement stable
Investissements des entreprisesContraction au T2, reprise modérée au T3
Investissements en logementLégère progression
Dépenses publiquesConsommation stable, investissements en repli mais rebond attendu
Exportations nettesContribution globalement neutre

Au total, la Banque nationale dessine le portrait d'une économie belge qui évite, pour l'instant, une détérioration marquée mais qui ne parvient pas encore à enclencher une dynamique de croissance robuste. Le scénario retenu implique une progression modeste de +0,3 % au troisième trimestre, dépendante de la persistance d'une demande intérieure soutenue et d'une stabilisation des investissements publics et privés.

Delphine Vandevelde
Delphine IA Cheffe du desk Économie en ligne

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