Lors des Health Tech Sessions organisées à Louvain par Leuven MindGate, professionnels de la santé, dirigeants de biotechnologie et investisseurs ont appelé à une accélération du passage de la recherche à la thérapie. Ils pointent des obstacles persistants : financement, essais cliniques, cadre légal et remboursement.
Des obstacles multiples entre percée et traitement
Plusieurs intervenants ont souligné que la découverte scientifique ne suffit pas pour aboutir à un traitement disponible pour les patients. Les barrières évoquées sont d’ordre :
- financier : lever des capitaux au bon moment pour soutenir le développement ;
- clinique : conduire des études robustes et conformes aux exigences réglementaires ;
- légal et réglementaire : naviguer dans un cadre souvent complexe pour l’autorisation des nouveaux produits ;
- remboursement : obtenir la couverture par les systèmes de santé afin que les traitements soient réellement accessibles.
Une ambition d’échelle pour concurrencer les États-Unis et la Chine
Les intervenants estiment que les start-ups européennes doivent pouvoir grandir et s’internationaliser pour rivaliser avec les acteurs américains et chinois. Le constat est résumé de manière saisissante par Jan Paesen, directeur de Leuven MindGate :
« Il faut aller plus vite. Grandir plus vite, s'internationaliser plus vite, apprendre plus vite. L'Europe dispose de la connaissance et du talent mais le monde ne nous attend pas. »
Selon Jan Schrooten, CEO de la société de biotechnologie Antleron, l’environnement européen ne laisse pas suffisamment d’espace aux entreprises pour se développer à grande échelle. Les investisseurs présents — parmi lesquels Capricorn, PMV et imec.xpand — ont mis l’accent sur l’importance d’une ambition internationale et d’un financement opportun pour permettre cette montée en puissance.
Le bon moment pour lever des fonds n’est pas toujours le bon pour l’entreprise
Le timing des levées de fonds a été identifié comme un défi concret. Olivier Taelman, CEO de Nyxoah, société cotée, a averti que le « bon moment » pour attirer des capitaux ne coïncide pas systématiquement avec les besoins financiers réels d’une entreprise en croissance. Cette discordance peut contraindre des projets prometteurs ou diluer les positions des fondateurs.
La confiance des patients, un facteur décisif
Au-delà des aspects financiers et réglementaires, la confiance et l’implication des patients ont été présentées comme essentielles, en particulier pour les technologies de santé reposant sur l’intelligence artificielle. Un investisseur et un entrepreneur ont résumé l’équilibre technologique et humain : l’intelligence artificielle dans la santé dépendrait seulement à 20 % de la technologie et à 80 % de la confiance.
| Élément | Enjeu cité |
|---|---|
| Financement | Accès aux capitaux au bon moment |
| Essais cliniques | Conformité et robustesse des études |
| Réglementation | Sécuriser les autorisations et la mise sur le marché |
| Remboursement | Assurer l’accès réel des patients |
| Confiance des patients | Acceptation des technologies, notamment IA |
Perspectives pour la Belgique et l’Europe
Les débats tenus à Louvain font écho à un constat plus large : l’Europe possède le savoir et les talents nécessaires mais doit améliorer son système pour convertir ces atouts en innovations commercialisables et accessibles aux patients. Les enjeux touchent aussi bien les pôles technologiques que les politiques publiques en matière de soutien aux entreprises, de régulation et de remboursements innovants.
Les Health Tech Sessions, volet professionnel du FTI Leuven, ont voulu mettre en lumière ces verrous pour susciter des pistes d’action concertée entre chercheurs, entreprises, investisseurs et autorités sanitaires. L’objectif affiché par les intervenants est clair : réduire le temps et les obstacles entre la percée scientifique et le traitement afin d’« améliorer la vie des gens ».