Un pari artistique réussi dans les rues de Huy
Samedi 15 août, la ville de Huy a vibré au rythme d’un cortège conçu pour rappeler ses siècles d’histoire, mais aussi pour offrir un spectacle populaire et fédérateur. Départ depuis la place Saint-Denis, fanfare en tête, saynètes disséminées le long du parcours et une bande sonore originale : les ingrédients choisis par les metteurs en scène ont trouvé leur public.
À l’initiative du projet, Benjamin Bellaire et Michel Teheux ont travaillé depuis plusieurs mois pour rassembler des groupes et des bénévoles. Leur concept : des tableaux successifs, portés par une bande son commune et quatre podiums répartis sur le trajet, afin de permettre à chaque groupe de présenter les mêmes scènes à plusieurs reprises et aux spectateurs de suivre l’histoire de la cité mosane.
« Au moins, la bande-son, ça donne bien »
Cette observation, rapportée de l’une des personnes présentes au pied d’un podium — l’abbé Teheux — résume l’attention apportée à l’ambiance musicale. La composition sonore est l’œuvre du Hutois Louis Comblin, dont la partition accompagnait tantôt la musique, tantôt la voix des comédiens, pour donner corps à chaque tableau.
Des tableaux qui racontent la ville
Le cortège a proposé des séquences thématiques illustrant la relation de Huy à sa vallée et à l’eau, son passé industriel, ainsi que des épisodes plus symboliques ou religieux. Parmi les éléments marquants :
- des saynètes mettant en scène la vallée, l’eau, le ciel et le vent, avec danseuses et agréments visuels (bulles, fumigènes, confettis) ;
- des reconstitutions historiques mêlant chevaux, acrobates, cracheurs et jongleurs de feu ;
- la présence d’un dragon évoquant la légende de Saint-Domitien et de tableaux consacrés à l’essor industriel (papeteries) ;
- des véhicules anciens, dont une Chrysler de 1924, et des clins d’œil à la tradition cycliste de la cité.
| Thème | Éléments visibles |
|---|---|
| La vallée et l’eau | Danseuses, arceaux, mouettes-parachutes, effets visuels |
| Période industrielle | Papeteries, véhicules anciens |
| Histoire et légendes | Dragon, figure de Saint-Domitien |
Sur certains podiums, la narration était portée par deux comédiens, Elsa Houben et Jean-Michel Balthazar, dont la voix assurait le lien entre les différentes scènes. L’ensemble était ponctué par des moments musicaux, dont l’ouverture assurée par la fanfare de Gives, qui a lancé le cortège « tambour battant ».
Un équilibre entre tradition, spectacle et engagement local
Les organisateurs ont dû convaincre et mobiliser : plusieurs habitants et associations ont répondu à l’appel afin d’alimenter les différentes tableaux. Le choix de répartir les présentations sur plusieurs podiums visait à rendre la performance accessible, même pour un public resté statique sur le parcours. Les effets — bulles, étincelles, fumées, confettis — ont contribué à une atmosphère festive, tandis que la scénographie rassurait les spectateurs craignant un cortège trop statique ou décousu.
Si certains observateurs restaient dubitatifs avant l’événement, le mélange de tradition religieuse, de reconstitutions historiques et d’éléments spectaculaires a permis d’attirer une foule importante et de donner à la manifestation une tonalité à la fois populaire et réfléchie.
Pour les Hutois, les Fêtes Septennales sont une occasion de se retrouver et de réaffirmer des attaches locales : cette édition, centrée sur la narration scénique et la participation citoyenne, confirme la vitalité culturelle de la cité mosane et son savoir-faire en matière d’événements de grande ampleur.
La ville et les organisateurs n’ont pas communiqué de bilan chiffré immédiat, mais l’ambiance et la fréquentation observées tout au long du cortège laissent présager que l’édition 2026 des Septennales a su trouver son public.