Un paquebot historique réduit à sa coque au cœur du port gantois
Le chantier de déconstruction navale Galloo, implanté dans le port de Gand, accueille depuis l’été des carcasses de navires qui attirent le regard des habitués du quai. Parmi elles, le paquebot Astoria, ancien fleuron aujourd’hui en cours de démantèlement, n’est plus identifiable que par sa coque noire : ses superstructures ont été entièrement démontées.
Photographié à Gand mi-septembre, l’Astoria présente désormais une silhouette aplatie, résultat des opérations de découpe menées sur site. Le navire, dont la carrière débuta sous le nom de Stockholm en 1948, a connu plusieurs vies commerciales et techniques avant d’être remorqué puis vendu aux enchères. Arrivé chez Galloo en juillet 2025, il est depuis l’objet d’un long chantier de démantèlement.
« Il ne reste plus de l’Astoria que sa coque noire. »
Long de 160 mètres et large de 21 mètres, le paquebot affichait une jauge de 12 200 tonneaux et une capacité d’environ 400 passagers lors de ses années d’exploitation en croisière. Son parcours maritime inclut des étapes marquantes : navire mixte suédois, reconversion en navire de croisière dans les années 1990, et renommages successifs avant son immobilisation définitive après la crise sanitaire de 2020.
Un chalutier-usine bientôt réduit au silence
À proximité de l’Astoria, un autre bâtiment bien connu des côtes françaises est passé par Gand : le chalutier-usine malouin Joseph Roty II. Selon les images prises dans le port, il ne tardera pas à subir le même sort que le paquebot, cisailles et chalumeaux venant à bout des structures métalliques.
- Démantèlement sur place : les superstructures arrachées puis triées.
- Recyclage des matériaux : acier et métaux valorisés par le chantier.
- Impact local : activité portuaire et emplois liés aux opérations de démolition.
Le choix de Gand pour ces opérations ne surprend pas : la ville dispose d’infrastructures portuaires adaptées et d’entreprises spécialisées dans la gestion des carcasses de navires. Les chantiers belges comme Galloo répondent à une demande européenne de capacité de démantèlement, tout en suivant des normes environnementales et de sécurité strictes.
Histoire et mémoire d’un navire mythique
L’Astoria conserve une place particulière dans l’histoire maritime : entré en service en 1948, il est notamment resté célèbre pour l’abordage fatal du paquebot italien Andrea Doria en 1956. Plus tard, il fut transformé en croisiériste et exploité sous divers noms et par plusieurs opérateurs, avant d’être progressivement désarmé après 2020. Sa présence sur les quais gantois rappelle la longue saga industrielle et commerciale qui entoure de nombreux navires de cette génération.
| Navire | Longueur | Largeur | Jauge | Arrivée chez Galloo |
|---|---|---|---|---|
| Astoria | 160 m | 21 m | 12 200 t | juillet 2025 |
| Joseph Roty II | - | - | - | septembre 2026 (photo) |
Si la démolition de navires suscite parfois une émotion patrimoniale, elle s’inscrit aussi dans un cycle industriel : la récupération des métaux, la dépollution des éléments dangereux et la mise à disposition d’équipements portuaires pour de nouvelles activités. À Gand, ces chantiers permettent de maintenir une partie de l’activité portuaire et d’offrir des emplois locaux, tout en imposant des contraintes de sécurité et d’environnement.
Les photos et les observations récentes prises au quai confirment que le paysage du port évolue rapidement. Pour les habitants de Gand, le passage de ces grands bateaux est à la fois un signe du lien profond entre la ville et la mer, et un rappel concret des transformations industrielles qui continuent d’animer le waterfront gantois.