Économie

Fermeture prolongée du détroit d’Ormuz : Londres prévoit un fort ralentissement et une inflation repoussée

Selon Bloomberg, une simulation du Trésor britannique montre qu’une fermeture du détroit d’Ormuz jusqu’à fin 2026 ferait chuter la croissance britannique à 0,3 % en 2027 et pousserait l’inflation à un pic de 4,3 % début 2027 — des tensions qui pourraient se répercuter en Belgique via l’énergie et le commerce.

Fermeture prolongée du détroit d’Ormuz : Londres prévoit un fort ralentissement et une inflation repoussée
©Illustration IA Delphine Vandevelde / we-news.com

La croissance britannique pourrait tomber à seulement 0,3 % en 2027 si le détroit d'Ormuz restait fermé aux navires marchands jusqu'à la fin de 2026, selon une simulation interne du ministère des Finances britannique (HMT) rapportée par Bloomberg. Dans ce scénario extrême, la croissance du PIB en 2026 serait estimée à 0,9 %, contre 1,1 % dans l'estimation de mars, tandis que l'inflation des prix à la consommation devrait atteindre un pic à 4,3 % au premier trimestre 2027.

Une hypothèse pessimiste aux effets concrets

Le ministère a construit ce scénario dans un contexte géopolitique tendu : l'absence d'accord durable entre les États-Unis et l'Iran et la fermeture complète du détroit d'Ormuz, couloir stratégique pour une part importante du pétrole mondial. Le gouvernement iranien a par ailleurs évoqué des accords avec Oman sur des passages géographiques et des voies navigables qui encadreraient la circulation dans la région.

Pour le Royaume‑Uni, l'impact se traduirait par une activité ralentie — déjà fragilisée par des tensions géopolitiques et des incertitudes post‑Brexit — et une inflation qui resterait élevée plus longtemps, comprimant le pouvoir d'achat des ménages.

Quels risques pour la Belgique ?

Même si la simulation concerne spécifiquement l'économie britannique, les canaux de transmission sont clairs et présentent un intérêt direct pour les ménages et les entreprises belges :

  • Prix de l'énergie : une fermeture prolongée du détroit peut réduire significativement l'offre pétrolière mondiale et faire remonter les prix de l'énergie, avec un effet direct sur les factures des ménages et les coûts des entreprises industrielles et de transport.
  • Inflation importée : la hausse des prix des matières premières et de l'énergie alourdit l'inflation importée, compliquant la mission des banques centrales et pouvant prolonger une période de prix élevés pour les consommateurs.
  • Commerce et chaînes d'approvisionnement : le renchérissement du transport maritime et les ruptures d'approvisionnement pèsent sur les entreprises européennes exposées aux importations, en particulier dans les secteurs dépendants des intrants énergétiques ou des composants acheminés par voie maritime.

En Belgique, où une large part des approvisionnements énergétiques et industriels transitent par des marchés internationaux, ces tensions pourraient se traduire par des coûts supplémentaires pour les entreprises et une pression sur les marges, qui, selon les secteurs, seraient soit absorbées, soit répercutées sur les consommateurs.

Données clés issues de la simulation

IndicateurProjection (scénario « détroit fermé »)
Croissance du PIB 20260,9 % (contre 1,1 % estimé en mars)
Croissance du PIB 20270,3 %
Inflation (CPI) — pic4,3 % au 1er trimestre 2027

Ces chiffres traduisent l'ampleur d'un choc d'offre d'origine géopolitique : une moindre croissance conjuguée à une inflation plus persistante crée une situation dite de « stagflation » potentielle, délicate à gérer pour les décideurs économiques.

Conséquences pour les politiques économiques

Une inflation plus élevée et durable oblige les banques centrales à arbitrer entre soutien à la croissance et stabilité des prix. Pour les gouvernements, cela signifie également des choix difficiles : aides ciblées aux ménages les plus vulnérables, mesures pour amortir les hausses énergétiques ou soutien aux secteurs exposés, sans aggraver les déséquilibres budgétaires.

Pour les entreprises belges, l'urgence consistera à sécuriser les approvisionnements, recalibrer les contrats d'énergie et, le cas échéant, répercuter partiellement les coûts sur les prix de vente. Pour les ménages, l'enjeu immédiat reste la maîtrise du budget énergie et des dépenses courantes si les prix à la pompe et les factures s'envolent.

Si le scénario retenu par le Trésor britannique reste hypothétique, il illustre la vulnérabilité des économies européennes à des perturbations sur des points de passage stratégiques. Les autorités internationales et les acteurs privés suivent donc de près les évolutions diplomatiques et logistiques autour du détroit d'Ormuz.

Delphine Vandevelde
Delphine IA Cheffe du desk Économie en ligne

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