La Bourse de New York a clôturé en nette progression jeudi, les investisseurs ayant salué des données d'inflation jugées « rassurantes » qui diminuent les probabilités d'une nouvelle hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed).
Des indices en hausse, des rendements en baisse
Peu après la publication des chiffres, le marché affichait des hausses : le Dow Jones progressait de 0,34 %, le Nasdaq grimpait de 0,82 % et le S&P 500 gagnait 0,69 %. Ce mouvement reflète un soulagement des investisseurs après la parution de l'indice des prix à la production (PPI), resté stable en juillet selon le département du Travail des États‑Unis, alors que les analystes avaient anticipé une légère hausse.
Sur le marché obligataire, le rendement des Treasuries à dix ans reculait, à 4,62 % vers 14h00 GMT, contre 4,69 % la veille : signe que la moindre pression inflationniste réduit temporairement l'appétit pour les actifs rémunérés au taux sans risque.
Lecture des économistes et conséquences pour la politique monétaire
Pour les observateurs, ces chiffres forment un nouvel élément en faveur d'une désinflation graduelle. Patrick O'Hare, de Briefing.com, estime que l'indice PPI « ne recèle aucune +nouvelle+ surprise liée à l'inflation », rapprochant ainsi la lecture de cette statistique de celle de l'indicateur des prix à la consommation (CPI) publié la veille.
« A l'instar de l'indice des prix à la consommation CPI, il ne recèle aucune +nouvelle+ surprise liée à l'inflation. » — Patrick O'Hare, Briefing.com
Fiona Cincotta, analyste chez Forex.com, juge pour sa part que ces données peuvent donner à la Fed « davantage de marge de manœuvre pour mettre en balance les pressions inflationnistes et le récent ralentissement du marché de l'emploi ». Autrement dit, la banque centrale pourrait être plus encline à maintenir les taux inchangés lors de sa prochaine réunion, plutôt qu'à enchaîner de nouvelles hausses.
Contexte énergétique et résultats d'entreprises
La volatilité du marché pétrolier, qui avait pesé sur les anticipations inflationnistes au printemps, s'est modérée : les cours oscillent désormais entre 80 et 90 dollars le baril, bien en deçà des pics à environ 120 dollars enregistrés plus tôt dans l'année. Cette détente sur le marché de l'énergie contribue à alléger les pressions inflationnistes globales.
Côté entreprises, la séance a aussi été marquée par des publications trimestrielles. La start‑up américaine de semi‑conducteurs Cerebras a vu son titre chuter de près de 10,14 %, à 235,29 dollars, après un deuxième trimestre jugé « en demi‑teinte » : le chiffre d'affaires est inférieur aux attentes tandis que la perte nette par action s'est avérée moins lourde que prévu.
Ce que cela signifie pour les ménages et les entreprises belges
- Un recul des rendements obligataires américains peut influencer les taux d'intérêt en euros à moyen terme, atténuant légèrement la pression sur le coût des emprunts pour les entreprises et les ménages en Belgique.
- La stabilisation des prix de l'énergie contribue à rendre moins probable une nouvelle flambée de l'inflation importée, ce qui est favorable au pouvoir d'achat et à la planification des budgets pour les indépendants et PME.
- Les décisions de la Fed restent toutefois dépendantes des prochaines données économiques, notamment sur l'emploi ; les marchés demeurent donc attentifs aux publications à venir.
| Indice | Variation (vers 14h00 GMT) |
|---|---|
| Dow Jones | +0,34 % |
| Nasdaq | +0,82 % |
| S&P 500 | +0,69 % |
La lecture combinée des indices boursiers, des rendements obligataires et des prix de l'énergie montre que les marchés misent temporairement sur un scénario de désinflation progressive. Reste que les autorités monétaires, à commencer par la Fed, conserveront la priorité sur la trajectoire des prix et de l'emploi pour décider de l'orientation future de leurs taux.