Un coup dur pour les centres d’appels de la région
Basée à Liège et à Saint‑Trond, la société Ikanbi Belgium a annoncé sa faillite et le licenciement de 86 personnes, a rapporté la presse nationale. L’entreprise emploie historiquement plusieurs centaines de personnes dans la région et l’annonce suscite une vive émotion parmi les salariés et les syndicats locaux.
Selon les éléments communiqués, Ikanbi est en partie reprise par sa filiale Izuwi Europe, ce qui permet de sauvegarder une partie des activités. Dans ce cadre, la direction affirme que « 391 emplois sont maintenus ». Le fondateur et président du groupe, Daniel Coene, précise par ailleurs que la société comptait initialement 477 collaborateurs en Belgique et que l’effectif devrait désormais se situer autour de la fourchette indiquée par la direction.
« Ça fait 35 ans que j’ai l’entreprise donc il y a de l’émotion, ce n’est pas évident. Mais ce qu’il faut retenir, c’est la continuité [… ] Il ne faut pas le cacher : on est dans un secteur où il y a déflation de part les technologies. Nous allons surtout cibler maintenant des nouveaux marchés… »
La disparition d’emplois alerte les représentants syndicaux. Cédric Charlet, délégué principal Setca et salarié depuis 2011, se compte parmi les licenciés et pointe les causes structurelles et managériales qui ont conduit à la situation.
« Je suis maintenant au chômage. Ma compagne travaille dans un autre call center qui se retrouve exactement dans la même situation donc il va falloir qu’on se réinvente… L’employeur n’a pas géré les choses de la meilleure manière possible de ces derniers mois, ces dernières années »
Un secteur en mutation : délocalisation et automatisation
Les syndicats évoquent deux tendances profondes qui pèsent sur l’emploi dans les centres d’appels : la délocalisation d’une partie des flux d’appels vers des pays comme le Maroc, et l’arrivée progressive des technologies d’automatisation et d’intelligence artificielle, qui réduisent le besoin en opérateurs humains pour certains types de tâches.
Face à la baisse d’activité, la délégation syndicale assure avoir proposé des mesures pour limiter les suppressions d’emploi, notamment :
- la mise en place d’une réduction collective du temps de travail ;
- l’accompagnement de l’employeur dans la recherche de nouveaux clients.
Selon les représentants du personnel, ces propositions n’auraient pas été retenues par la direction.
Points chiffrés
| Élément | Chiffre communiqué |
|---|---|
| Licenciements annoncés | 86 |
| Effectif initial annoncé | 477 collaborateurs |
| Emplois que la direction dit vouloir maintenir | 391 |
La communication de la direction insiste sur la volonté de se tourner vers de nouveaux segments de marché, notamment le « middle market » où, selon le président, la maturité des clients est encore insuffisante et laisse des opportunités pour des « solutions très dynamiques et innovantes ».
Pour les salariés affectés à Saint‑Trond, la perspective est plus immédiate : retrouver un emploi dans un secteur lui‑même fragilisé. Les organisations syndicales et les services publics de l’emploi locaux devront se coordonner pour proposer des mesures d’accompagnement, de reconversion et de placement, alors que la concurrence des technologies et la pression sur les coûts demeurent fortes.
La situation sera suivie de près localement : la commune, les acteurs économiques de la province et la zone de police pourraient être sollicités pour limiter les conséquences sociales et favoriser une relance des parcours professionnels des personnes licenciées.