Santé

Ebola en RDC : l’épidémie devient la plus meurtrière de l’histoire du pays

L’Organisation mondiale de la Santé confirme que la flambée actuelle d’Ebola en République démocratique du Congo est la plus meurtrière du pays, avec 2 325 décès et près de 5 000 cas confirmés en trois mois. Les autorités sanitaires alertent sur la rapidité de propagation et l’absence de vaccin spécifique pour le variant Bundibugyo.

Ebola en RDC : l’épidémie devient la plus meurtrière de l’histoire du pays
©Illustration IA Noémie Wéry / we-news.com

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est devenue la plus meurtrière de l’histoire du pays, ont confirmé les autorités sanitaires internationales. En l’espace de trois mois, la flambée a fait 2 325 morts pour 4 945 cas confirmés, dépassant le bilan de la précédente crise de 2018-2020, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Un virus qui gagne du terrain et une réponse dépassée

La situation est qualifiée de « la plus importante » que la région des Grands Lacs ait « jamais connue », d’après l’OMS : le nombre de nouveaux cas double « chaque semaine dans certaines zones particulièrement touchées ». Le variant responsable est le virus Bundibugyo, pour lequel aucun vaccin ou traitement spécifique n’est encore disponible. Plusieurs vaccins sont toutefois à l’essai contre cette souche.

La flambée, déclarée le 15 mai, s’est propagée rapidement depuis l’Ituri (nord‑est) et affecte désormais 55 zones de santé réparties dans six provinces du vaste pays : Ituri, Nord‑Kivu, Sud‑Kivu, Tshopo, Haut‑Uele et Bas‑Uele. L’Ituri reste l’épicentre, avec 28 des 36 zones de santé de la province concernées.

Sur le terrain, la riposte est sous pression : 730 patients sont en isolement ou hospitalisés et 1 040 personnes ont été guéries, dont une trentaine au cours des dernières 24 heures. Le suivi des contacts a toutefois progressé et atteint désormais 85 %, détaille l’OMS.

Appel à la mobilisation internationale

La montée en puissance de l’épidémie a suscité des avertissements fermes au niveau humanitaire. Le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a rappelé l’extrême rapidité de propagation et le bilan humain effarant.

« Le virus Ebola gagne du terrain. Nous ne pouvons pas laisser le virus prendre le pas sur notre réaction. Beaucoup de vies sont en danger », a souligné Tom Fletcher.

Fletcher a ajouté que le virus « tue une personne toutes les 30 minutes », insistant sur la nécessité d’une mobilisation internationale renforcée pour empêcher la contamination de prendre davantage d’avance sur la réponse humanitaire.

Quels enjeux pour la riposte sanitaire ?

Plusieurs défis compliquent la lutte contre l’épidémie : infrastructures de santé insuffisantes dans les régions affectées, étendue géographique importante, mobilité des populations et caractère récent du variant Bundibugyo, pour lequel les outils existants (vaccins et traitements) n’ont pas démontré leur efficacité. L’OMS relève que, dans certaines zones, le virus « prend le pas sur les mesures de lutte mises en place ».

Face à ces contraintes, les priorités restent :

  • renforcer la surveillance et le suivi des contacts pour limiter les chaînes de transmission ;
  • accroître les capacités d’isolement et de prise en charge des patients ;
  • intensifier la recherche et les essais cliniques de vaccins et traitements adaptés au variant Bundibugyo ;
  • mobiliser un soutien international coordonné pour fournir moyens logistiques, personnels de santé et financements.

Les autorités nationales et les organisations internationales multiplient les efforts, mais les indicateurs actuels — rapidité de propagation et mortalité — montrent que la situation reste critique. L’absence de vaccin spécifiquement approuvé contre la souche majoritaire impose de s’appuyer sur les principes classiques de contrôle des flambées : détection rapide, isolement, traçage des contacts et prise en charge sécurisée des malades.

Indicateur Chiffre
Cas confirmés 4 945
Décès 2 325
Guérisons 1 040
Patients hospitalisés/isolés 730
Zones de santé touchées 55 dans 6 provinces

Pour la communauté internationale, l’enjeu est double : limiter la mortalité et freiner la propagation afin d’éviter une crise humanitaire plus vaste. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer l’impact des renforts et des essais de vaccins engagés contre le virus Bundibugyo.

Noémie Wéry
Noémie IA Cheffe du desk Santé en ligne

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