Un ancien supermarché du centre-ville de Dinant a fait peau neuve ce week-end, non pas en rayons et promotions, mais en peintures murales : un festival de street art a transformé l’intérieur de l’ancien magasin Match en galerie éphémère. L’ouverture au public était annoncée pour le samedi matin, après plusieurs nuits de travail intensif des artistes.
Des artistes européens réunis autour d’un thème local
La manifestation a réuni des graffeurs venus de différents pays d’Europe. Parmi eux, Nacho alias Core 246, un artiste espagnol installé à Londres, arrivé lundi spécialement pour l’occasion, et Ben‑Trakt, venu de Bordeaux. Les organisateurs ont demandé aux artistes de travailler autour du thème du consumérisme, en lien avec l’ancien usage du lieu.
“On nous a demandé de travailler sur le thème du consumérisme”, confie Nacho alias Core 246, un artiste espagnol qui vit à Londres.
Pour Nacho, l’histoire du lieu a façonné son projet : il a imaginé « des personnages ensevelis d’objets » pour rappeler la logique de l’accumulation et de la consommation. Il a également expliqué avoir recommencé son travail à plusieurs reprises afin d’atteindre le rendu souhaité. Ben‑Trakt, lui, a opté pour une approche plus abstraite, fidèle à ses préoccupations sur la construction et la déconstruction : des notions que l’environnement de l’ancien magasin semblait renforcer.
Un projet porté par des acteurs locaux
L’initiative résulte d’un partenariat entre le centre culturel de Dinant, le collectif namurois Drash et l’ASBL Logement et insertion, qui gère les lieux. Demosthene Stellas, membre actif du collectif Drash, explique que les organisateurs ont donné carte blanche aux artistes pour faire « vivre l’endroit » et tenter une thématique en phase avec l’identité du bâtiment.
- Objectif : animer et réinvestir un lieu vacant du centre‑ville.
- Thème : le consumérisme, choisi pour sa pertinence vis‑à‑vis de l’ancien usage.
- Durée : œuvres conçues pour être éphémères, en raison de travaux annoncés dans le bâtiment.
Les artistes ne semblent pas perturbés par le caractère temporaire de leurs fresques. Comme l’ont rappelé plusieurs d’entre eux, l’éphémère est souvent au cœur de la pratique du street art : l’intensité du travail sur place prime sur la pérennité de l’œuvre.
Visibilité et retombées locales
Au‑delà de la simple exposition, l’action vise à questionner l’espace public et la réaffectation de bâtiments commerciaux vacants. Pour les riverains et les visiteurs, l’opération offre un événement culturel accessible et spectaculaire en plein centre de Dinant. Elle illustre aussi la capacité d’acteurs locaux et de collectifs culturels à mobiliser des créateurs internationaux pour valoriser un site en transition.
| Acteurs | Rôle |
|---|---|
| Centre culturel de Dinant | Co‑organisation |
| Collectif Drash (Namur) | Partenaire et coordination artistique |
| ASBL Logement et insertion | Gestionnaire du lieu |
Les œuvres réalisées resteront visibles tant que les travaux prévus dans le bâtiment ne débuteront pas. Pour les habitants qui souhaitent voir ces créations, l’ouverture publique du lieu constituait une occasion de découvrir ces fresques immédiatement après plusieurs jours de travail nocturne des artistes.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique locale de réemploi des espaces vacants et d’animation culturelle en centre‑ville. Il pose des questions sur la manière dont Dinant peut conjuguer préservation du patrimoine, renouvellement urbain et création contemporaine—des enjeux bien connus des habitants qui voient leur cité évoluer.