À Dinant, une adresse de centre-ville attire l'attention cet été pour son pari sur le local. La Cafet Marie‑Charlotte, dite La Cafet, s'est engagée dans le défi lancé par le réseau RADiS aux établissements Horeca de la commune : proposer des menus composés à dominante de produits régionaux. En plein service, la gérante, Marie Moro y Arguelles, met en avant une carte où dominent approvisionnements et savoir‑faire proches.
Un menu ancré dans les circuits courts
La volonté affichée est simple : tirer parti des ressources locales et encourager la clientèle à redécouvrir les produits de la région. La Cafet met en avant des fournisseurs bien identifiés : le pain au levain d'Yvoir, le fromage de Purnode, les légumes du Potager Divin à Dinant, ou encore les préparations de la Wraperie dinantaise de Julie et les salaisons de Beghuin. Le principe s'applique aussi aux boissons sans alcool avec des « mocktails » de saison, même si la gérante reconnaît que certains ingrédients ne sont pas issus du terroir dinantais.
« Ça a été évident de participer, puisqu'on travaille déjà en grande partie avec des producteurs locaux. »
Depuis l'ouverture de l'établissement, il y a huit mois, La Cafet a peu à peu construit ce réseau de fournisseurs. Le défi RADiS, organisé durant le mois d'août, lui a servi de catalyseur pour affiner la carte et proposer tous les samedis des brunchs locaux. La démarche cherche à prouver qu'une cuisine de proximité peut rester accessible, tant au niveau du goût que du prix.
Objectifs : soutenir les producteurs et attirer la clientèle locale
Le concours de circonstances est favorable : la période estivale coïncide avec une abondance de produits maraîchers, alors que la fréquentation touristique et la clientèle habituelle peuvent diminuer. Le challenge voulu par RADiS répond donc à deux objectifs : offrir des débouchés supplémentaires aux producteurs locaux et maintenir une offre attractive en ville pour les Dinantais et les visiteurs.
- Pour les restaurateurs : tester des recettes et diversifier leurs approvisionnements.
- Pour les producteurs : trouver de nouveaux clients et renforcer leurs circuits courts.
- Pour les consommateurs : accéder à une offre plus transparente, locale et — selon La Cafet — tarifairement raisonnable.
La réalité du terrain : « presque » 100 % local
La Cafet souligne toutefois la complexité de l'exercice : atteindre une composition totalement locale est difficile, surtout pour certains fruits exotiques ou ingrédients spécifiques. La gérante l'admet sans détour : certains produits, comme l'orange utilisée pour un jus ou un mocktail, ne viennent pas de Dinant. L'objectif n'en reste pas moins ambitieux et concret : tendre vers la maximalisation des achats locaux tout en restant attractif pour la clientèle.
| Produit | Origine |
|---|---|
| Pain au levain | Yvoir |
| Fromage | Purnode |
| Légumes | Potager Divin (Dinant) |
| Wraps | Wraperie dinantaise de Julie |
| Salaisons | Beghuin |
Au‑delà de la carte, la démarche a une portée symbolique : montrer que le bio, le local et le saisonnier ne sont pas des attributs réservés à une clientèle « écolo‑bobo », mais accessibles dans un établissement de centre‑ville, selon la gérante. Pour elle, le défi a également servi à étendre la collaboration avec de nouveaux producteurs et à réinterroger les pratiques de la cuisine quotidienne.
Les actions menées cet été à Dinant par La Cafet, dans le cadre du réseau RADiS, s'inscrivent dans une dynamique plus large de valorisation des filières locales. Elles offrent un exemple concret aux autres acteurs Horeca de la commune : conjuguer identité culinaire et soutien aux producteurs locaux, sans renoncer à des prix raisonnables pour le consommateur.
À Dinant, cet été, l'assiette devient ainsi un terrain d'expérimentation pour renforcer les liens entre restaurateurs et producteurs, un lien qui pourrait perdurer au‑delà du mois d'août si la formule séduit clients et partenaires.