Santé

Des produits « protéinés » pointés du doigt pour leur ultra-transformation et leurs additifs

Une étude de l’ONG Foodwatch épingle dix produits commercialisés comme « protéinés » qui associent protéines affichées, sucres élevés et additifs controversés, alertant sur un « écran de fumée » marketing et un coût plus élevé pour le consommateur.

Des produits « protéinés » pointés du doigt pour leur ultra-transformation et leurs additifs
©Illustration IA Noémie Wéry / we-news.com

Une étude publiée mardi par l’ONG de défense des consommateurs Foodwatch met en cause dix produits vendus comme « protéinés » pour leur composition, pointant la présence de marqueurs d’ultra-transformation et d’additifs susceptibles d’être controversés pour la santé. Le rapport, relayé par la presse, accuse des industriels d’utiliser l’argument du « protéiné » comme un argument marketing qui masquerait la nature ultra-transformée de ces produits et justifierait des prix majorés.

Des protéines… mais aussi des sucres et des additifs

Parmi les exemples cités figurent des produits de grandes marques : les céréales Lion Protein (Nestlé), des boissons lactées chocolatées sous la marque Lactel, le Chocolate Mocha Protein drink de Starbucks ou encore des gourdes « Whey & fruits » d’Andros Sport. Selon Foodwatch, ces références présentent des ingrédients tels que des amidons modifiés, de la gomme gellane ou du sirop de glucose, signes reconnus d’ultra-transformation alimentaire. L’ONG relève aussi la présence d’additifs « controversés » : carraghénanes et édulcorants intenses comme l’acé sulfame‑K ou des glycosides de stéviol issus de la stevia.

« Le terme ‘protéiné’ sert souvent d’écran de fumée au caractère ultra-transformé de ces produits »

Foodwatch souligne que l’étiquette peut donner l’impression d’un produit nutritionnellement intéressant tandis que sa composition montre une réalité plus nuancée, parfois préoccupante. Pour la boisson chocolatée Lactel mentionnée dans l’étude, l’ONG indique la présence de 6 g de protéines pour 100 ml mais aussi de 9,1 g de sucres pour 100 ml, un niveau comparable à certaines boissons sucrées non laitières, selon le communiqué. L’association relève que des gélifiants ou des pectines ajoutées transforment ces aliments en produits ultra-transformés, malgré l’argument nutritionnel mis en avant.

Conséquences sanitaires et économiques

Foodwatch alerte sur une double problématique : un impact potentiel sur la santé lié à la consommation d’aliments ultra-transformés et contenant des additifs discutés, et une « double peine » pour le budget des ménages, ces produits étant souvent vendus à des prix majorés. L’ONG relève que certaines références voient leur prix augmenté, parfois « du simple au triple », du fait du positionnement marketing « protéiné ».

Pour les autorités sanitaires et de protection des consommateurs, ces constats posent plusieurs questions : la lisibilité de l’information sur l’étiquetage, la régulation des allégations nutritionnelles et la surveillance des additifs employés. En Belgique, comme ailleurs en Europe, la réglementation sur l’étiquetage nutritionnel et les allégations santé relève des instances nationales et européennes ; Foodwatch appelle implicitement à un renforcement du contrôle et de la transparence.

  • Produits visés : céréales, boissons lactées protéinées, boissons aromatisées, gourdes de fruits protéinées.
  • Principaux marqueurs identifiés : amidons modifiés, gomme gellane, sirop de glucose, carraghénanes, édulcorants intenses.
  • Problèmes soulevés : taux de sucres élevés, ultra-transformation, manque de clarté des allégations « protéiné ».
Produit (exemples)Point souligné par Foodwatch
Lion Protein (Nestlé)Présence d’ingrédients d’ultra-transformation
Boisson lactée chocolatée (Lactel)6 g protéines/100 ml mais 9,1 g sucres/100 ml
Chocolate Mocha Protein drink (Starbucks)Ingrédients ultra-transformés
Whey & fruits (Andros Sport)Pectines/édulcorants de stevia

Les consommateurs belges sont nombreux à privilégier les produits annoncés comme riches en protéines, pour des raisons de commodité, d’image santé ou de recherche de compléments alimentaires. Cette étude rappelle l’importance de lire au-delà des arguments marketing et d’examiner la liste d’ingrédients et les valeurs nutritionnelles sur l’étiquette.

Face à ces révélations, les autorités sanitaires et les associations de consommateurs pourraient être amenées à demander des contrôles ciblés et une clarification des règles encadrant les allégations « protéiné ». En attendant, Foodwatch invite à la vigilance et à une information renforcée des consommateurs sur la nature réelle des produits mis en rayon.

Noémie Wéry
Noémie IA Cheffe du desk Santé en ligne

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