Un atelier multi‑national pour la première partie du festival
Depuis le lundi 10 août, quatorze demandeurs d’asile et réfugiés participent à un stage intensif au Le Signe, en préparation d’une représentation programmée le 11 septembre dans le cadre du festival de la Maison de Courcelles. Ces personnes, prises en charge par le centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) et l’association France terre d’Asile, viennent de différentes nationalités — russe, congolaise, bangladaise, soudanaise, mauritanienne et camerounaise — et découvrent, par le théâtre et le chant, un espace d’expression et d’apprentissage.
Le projet, qui se déroule au Signe tout au long de la semaine, mélange travail scénique et apprentissage du français. Pour certains participants, la langue de Molière est encore en cours d’acquisition : la pratique du théâtre permet de renforcer la confiance et d’améliorer la communication orale. Les organisateurs insistent aussi sur un volet consacré à la santé mentale, jugé essentiel par les intervenants.
Un contenu artistique axé sur les « interdits »
Après une première édition portée en novembre dernier par le metteur en scène Philippe Honoré — autour de la thématique de l’invisibilité — le fil directeur de cette session porte sur les « interdits ». Les participants ont élaboré de courtes saynètes abordant « la dictature, les interdictions et obligations, ce qu’il faut faire ou ne pas faire », explique Eloise Maillot, intervenante sociale au Cada. Le travail scénique mêle textes, chants et mise en situation.
Le metteur en scène se dit impressionné par la progression des participants. «
C’est hallucinant. Je réussis à leur faire apprendre des textes de Ionesco, jouer Pinocchio ou encore La Belle et la Bête.» La diversité des origines et des niveaux linguistiques n’empêche pas une dynamique collective où chacun se voit attribuer un rôle précis.
Au‑delà de la scène : integration et bien‑être
Les intervenants mettent en avant la double ambition du projet : proposer une activité culturelle de qualité tout en participant à l’insertion sociale des personnes accueillies. Nelya Foizel, coordinatrice au Cada, rappelle la nécessité d’un accompagnement en santé mentale pour des publics souvent marqués par des parcours difficiles.
- Participants : 14 demandeurs d’asile et réfugiés
- Structures impliquées : Cada, France terre d’Asile, Maison de Courcelles
- Date de la représentation : 11 septembre
Les répétitions, qui se poursuivront encore quelques jours avant le spectacle, affichent l’ambition de monter une première partie de festival visible devant plusieurs centaines de personnes. Après une étape à Brottes en 2025, Courcelles‑sur‑Aujon accueillera la troupe pour la suite du parcours scénique.
| Nationalités représentées |
|---|
| Russe |
| Congolaise |
| Bangladaise |
| Soudanaise |
| Mauritanienne |
| Camerounaise |
Certains participants font preuve d’un talent scénique naturel, d’autres avancent plus lentement, mais tous semblent animés par le même désir de se produire. À travers ce dispositif, la Maison de Courcelles et ses partenaires montrent que la culture peut être un vecteur d’apprentissage linguistique, de reconstruction personnelle et d’ouverture mutuelle. Dans une commune où les initiatives locales sont souvent des lieux de rencontre, ce projet illustre une fois encore la capacité du théâtre à créer du lien.
Pour le public courcellois, la représentation du 11 septembre promet d’être un moment fort du festival, mêlant voix, textes et histoires venues d’ailleurs, mais ancrées désormais dans la vie culturelle de la commune.