Santé publique France a lancé, le 10 août, CaniculePrev, une enquête nationale destinée à mieux mesurer ce que la chaleur fait réellement aux populations, en amont des indicateurs classiques que sont les passages aux urgences et les décès.
Objectif : quantifier les effets « invisibles » de la chaleur
Le dispositif vise à recueillir des données sur les troubles physiques et psychiques qui ne conduisent pas systématiquement à un recours aux soins, expliquent les autorités sanitaires. L’enquête se déroule en ligne auprès de 2 000 adultes résidant en France métropolitaine ; elle est auto‑administrée et explore plusieurs dimensions :
- la santé physique et mentale déclarée par les participants ;
- les conditions d’exposition à la chaleur et les caractéristiques du logement ;
- la vulnérabilité individuelle (âge, état de santé) et les caractéristiques sociodémographiques ;
- la perception du risque et les stratégies réellement adoptées (maintien d’une température supportable, méthodes de rafraîchissement corporel, hydratation).
Les responsables de l’étude indiquent que CaniculePrev complète le Système d’alerte canicule et santé, qui s’appuie notamment sur l’activité de SOS Médecins et des services d’urgences. Beaucoup de symptômes — fatigue, troubles du sommeil, dégradation du bien‑être psychique ou autres signes physiques — peuvent rester hors des statistiques d’activité hospitalière, alors même qu’ils ont un impact sur la qualité de vie et la capacité à se protéger.
Pourquoi ces données sont recherchées
Selon Santé publique France, l’un des objectifs est d’identifier les écarts entre la connaissance des recommandations de prévention et leur mise en pratique effective. L’enquête doit permettre de relier les effets ressentis aux conditions concrètes d’exposition : type et isolation du logement, accès à des dispositifs de rafraîchissement, ou encore fragilité liée à l’âge ou à l’état de santé.
L’intérêt pratique est clair pour les autorités sanitaires : mieux comprendre les facteurs qui empêchent l’application des gestes protecteurs rend possible un ajustement des messages de prévention et des mesures ciblées vers les populations à risque.
Contexte lourd : des milliers de décès imputés à la chaleur
Le lancement de CaniculePrev intervient dans un contexte où la chaleur a déjà des conséquences dramatiques. Le bilan de Santé publique France pour l’été 2025 attribue plus de 5 700 décès à la chaleur, dont plus de 1 900 pendant les épisodes caniculaires. Près des trois quarts de ces décès concernaient des personnes âgées de 75 ans et plus.
| Élément | Données |
|---|---|
| Population enquêtée | 2 000 adultes (France métropolitaine) |
| Modalité | Questionnaire auto‑administré en ligne |
| Thèmes explorés | Santé physique et mentale, exposition, vulnérabilité, comportements de prévention |
| Premiers résultats attendus | Octobre 2026 |
Les premiers éléments de CaniculePrev sont annoncés pour octobre 2026. Ils devraient fournir une photographie complémentaire aux données de morbidité et mortalité, et éclairer les décisions en matière de communication et d’intervention publique lors des prochaines vagues de chaleur.
Pour la Belgique, comme pour d’autres pays européens confrontés à l’augmentation des épisodes caniculaires, ce type de données « en amont » pourrait inspirer des approches similaires visant à protéger les populations les plus vulnérables et à mieux évaluer l’impact global des chaleurs extrêmes sur la santé publique.