Des questions en suspens avant une réorganisation attendue
Le conseil médical du Centre Hospitalier Centre Ardenne (CHCA) — qui rassemble les médecins des sites de Libramont et de Bastogne — a transmis au gestionnaire Vivalia un avis assorti de conditions concernant la réorganisation des prises en charge entre les deux hôpitaux. L'avis, rendu fin juillet et présenté par son président Pierre Jacquemin, n'est ni catégoriquement favorable ni hostile : le conseil a demandé des éclaircissements et formalisé une série de recommandations avant de se prononcer définitivement.
« Nous n'avons pas rendu un avis positif … mais on ne peut non plus le qualifier de négatif. Nous avons simplement rentré une note avec des conditions. Nous nous reverrons à la rentrée avec le gestionnaire pour une réunion de concertation. »
Le projet, inscrit dans le cadre du plan Vivalia 2030, prévoit de transformer le site de Bastogne en hôpital de jour dès 2028. Dans ce schéma, les consultations et les actes en hôpital de jour seraient renforcés avec l'appui du site de Libramont, tandis que les interventions plus lourdes et les hospitalisations de longue durée seraient concentrées à Libramont.
Ce que changerait la transformation pour Bastogne
| Élément | Situation envisagée |
|---|---|
| Statut du site de Bastogne | Hôpital de jour (dès 2028) |
| Interventions | Actes ambulatoires et consultations renforcés; interventions lourdes à Libramont |
| Urgences | PPCU ouvert 24 h/24 et 7 j/7 |
| SMUR | Maintenu jusqu'en 2028, voire au-delà selon l'évolution des négociations fédérales |
Le conseil médical rappelle que, juridiquement, son avis aurait dû être sollicité avant la prise de décision par les administrateurs — un point relevé lors des échanges. Les médecins insistent sur la nécessité d'obtenir des précisions quant à l'organisation concrète des soins, y compris des questions opérationnelles et salariales.
Points de friction identifiés
- Organisation des soins : modalités de coordination entre les deux sites, parcours patients, logistique des transferts.
- Engagement des spécialistes : incertitude sur la volonté des praticiens de Libramont à déplacer une part de leur activité de jour vers Bastogne.
- Aspects financiers : différences de taux de rétrocession entre Bastogne et Libramont dans certaines spécialités.
Le président du conseil médical se montre prudent sur la question de l'adhésion des médecins de Libramont : « Je ne sais pas répondre. Je pense que cela dépendra de la façon dont le projet sera présenté. » Le conseil a demandé à pouvoir rediscuter lors d'une réunion de concertation programmée à la rentrée, en septembre.
Un projet appuyé politiquement, mais contesté à droite
Sur le plan politique, le principe d'une réorganisation du CHCA fait largement consensus au sein des acteurs locaux : la capacité à maintenir un site « aigu » à Bastogne devenait difficile, notamment en raison des exigences pour les agréments. Toutefois, l'option d'une transformation en hôpital de jour ne recueille pas l'unanimité sur le long terme. Le MR s'affiche opposé à l'idée d'un statu quo prolongé sur ce type d'organisation.
Le scénario retenu par Vivalia s'inscrit dans une logique déjà appliquée ailleurs en province : Bastogne figure, dans le plan, au même rang que d'autres sites definis comme proxicliniques (Vielsalm, Libramont, Virton, Arlon). Mais pour que la réorganisation avance, le gestionnaire doit répondre aux demandes de précisions et obtenir l'adhésion du corps médical.
Conséquences locales et calendrier
Pour la population bastognarde, les changements annoncés impliquent une modification du parcours de soins : davantage d'actes en ambulatoire à Bastogne, des transferts possibles vers Libramont pour les interventions plus lourdes. Le maintien du SMUR est une garantie de sécurité appréciée, au moins jusqu'en 2028, sous réserve des discussions fédérales sur les critères en zones rurales.
La prochaine étape formelle est la réunion de concertation à la rentrée, où Vivalia devra répondre point par point aux conditions exprimées par le conseil médical. C'est là que se jouera, en grande partie, l'acceptabilité de la transformation par les professionnels de santé et, indirectement, par la population de Bastogne.