Lors du « French Digital Day », événement consacré aux start‑ups à Paris, Gabriel Attal, candidat Renaissance à l'élection présidentielle de 2027 et ancien Premier ministre, a porté un diagnostic sévère sur la situation économique française. Selon lui, la décision d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale en 2024 a fortement contribué à déstabiliser l'économie du pays.
« Tout est parti en live, entre guillemets, avec cette dissolution qui a contribué à quasiment flinguer l'économie française. »
Pour appuyer son propos, M. Attal a rappelé plusieurs indicateurs macroéconomiques comparés à la période de son mandat à Matignon. Il a évoqué une évolution des coûts d'emprunt de l'État, une décélération de la croissance et un rebond du chômage.
Des chiffres cités par l'ancien chef du gouvernement
Selon ses déclarations :
- le taux d'emprunt moyen de la France, lors de son passage comme Premier ministre, se situait « entre 1,2 % et 1,5 % » ;
- il affirme qu'aujourd'hui ce taux serait à environ 4,5 % ;
- la croissance, qui frôlait les 2 % avant la dissolution, est désormais « quasiment en croissance nulle » ;
- le taux de chômage serait passé d'environ 7,5 % à près de 9 %.
Ces éléments ont été présentés par M. Attal pour lier directement la décision politique de 2024 à une « grande instabilité politique et donc économique ». Il a ainsi cherché à se démarquer du chef de l'État tout en mobilisant des données macroéconomiques pour étayer son argumentation.
Écho au sein de l'exécutif
Le ministre de l'Économie et des Finances de l'époque, Bruno Le Maire, a rallié une analyse proche sur BFMTV, estimant que la dissolution avait « précipité le chaos ». Ces prises de position montrent que le débat sur les conséquences économiques de la manœuvre politique reste vif au sein même des responsables qui ont gouverné lors de ces événements.
| Indicateur | Situation évoquée avant 2024 | Situation évoquée aujourd'hui |
|---|---|---|
| Taux d'emprunt moyen | 1,2–1,5 % | 4,5 % |
| Croissance | Près de 2 % | Quasi 0 % |
| Taux de chômage | 7,5 % | Environ 9 % |
Ces chiffres ont été cités par le candidat à titre d'illustration. Ils renvoient à des évolutions macroéconomiques observées sur les marchés et dans les statistiques nationales, et servent son argument selon lequel l'instabilité politique a eu des effets concrets sur le coût de la dette et l'activité.
Conséquences et enjeux pour les acteurs économiques
Une hausse des taux d'emprunt de l'État pèse sur les finances publiques, mais elle a aussi des répercussions pour les entreprises et les ménages : financement plus coûteux, investissement freiné, pression sur l'emploi. Un ralentissement de la croissance et une remontée du chômage fragilisent la consommation et les perspectives d'embauche, en particulier pour les secteurs exposés à la conjoncture.
Pour les observateurs et les acteurs économiques, la discussion lancée par Gabriel Attal signifie que la question de l'impact politique sur la confiance des marchés et sur la trajectoire macroéconomique continue d'alimenter le débat public à l'approche de la campagne présidentielle. Elle invite aussi à un examen attentif des trajectoires budgétaires et des modalités de financement de l'économie dans un contexte politique perçu comme instable.
Interrogation centrale pour les mois à venir : la capacité des responsables politiques à proposer des réponses crédibles aux inquiétudes des marchés et des entreprises, afin de restaurer une dynamique de croissance et de stabiliser le coût de la dette.