Un engagement politique confronté à la réalité technique
À Mons, la promesse de ramener une collecte hebdomadaire des sacs résiduels — les fameux sacs « moka » — n'a pas encore trouvé de mise en œuvre concrète, au grand dam d'une partie de la population. L'initiative, portée par le bourgmestre Nicolas Martin lors de la campagne, a été intégrée au plan stratégique de l'intercommunale Hygea mais bute sur des contraintes pratiques et budgétaires plus lourdes que prévu.
La Ville de Mons a officiellement demandé, à la fin de l'année dernière, qu'Hygea étudie la possibilité de revenir à une collecte hebdomadaire sur l'ensemble du territoire communal. Depuis, une étude a bien été lancée, mais le dossier n'a pas avancé au rythme espéré et suscite de nombreuses plaintes de citoyens — accentuées cet été par les fortes chaleurs qui ont favorisé inconfort et odeurs.
Des implications concrètes chiffrées et des délais longs
Selon les informations transmises par la commune, Hygea a demandé du temps pour fournir des estimations financières et examiner les implications techniques et organisationnelles. Parmi les points les plus sensibles figurent :
- l'achat de véhicules : il faudrait, selon Hygea, cinq camions supplémentaires pour assurer la fréquence hebdomadaire ;
- le recrutement et la redéfinition des tournées et de l'organisation du personnel ;
- les zones de stockage et les adaptations logistiques sur le terrain.
La commune rappelle que ces éléments, parfois négligés par l'opinion publique, sont déterminants pour décider de la faisabilité et du calendrier. La question des délais de livraison des camions a été identifiée comme un frein majeur : Hygea évoque aujourd'hui des délais d'au minimum deux ans pour se procurer ces véhicules.
Un calendrier de suivi et des réunions en juin
La Ville de Mons attendait une réponse en avril. Faute de retour, elle a relancé Hygea fin mai. Une réunion a finalement eu lieu en juin, en présence du président et du directeur général de l'intercommunale. Lors de cet échange, la direction est venue avec des données concrètes sur le coût, l'impact organisationnel et les délais nécessaires si le conseil d'administration devait approuver la demande montoise.
| Période | Événement |
|---|---|
| Fin 2025 | Demande officielle de la Ville de Mons à Hygea |
| Avril 2026 | Réponse attendue initialement |
| Fin mai 2026 | Relance de la Ville auprès d'Hygea |
| Juin 2026 | Réunion avec le président et le directeur général d'Hygea |
Le bourgmestre maintient la volonté politique
Malgré ces obstacles, l'exécutif montois affirme sa détermination à poursuivre le dossier. Le bourgmestre a réitéré que la demande de la Ville reposait sur un engagement politique inscrit dans l'accord entre le PS et le MR lors de l'installation des nouvelles instances d'Hygea.
« La volonté est intacte »
La formulation résume la position de l'autorité communale : la volonté politique d'offrir un service hebdomadaire existe toujours, mais elle doit composer avec des réalités administratives, techniques et financières. La mairie insiste sur la nécessité d'une évaluation complète pour éviter des décisions précipitées qui pourraient engendrer des coûts ou des dysfonctionnements.
Conséquences pour les habitants et suites possibles
En attendant une décision formelle du conseil d'administration d'Hygea, les Montois devront composer avec la collecte actuelle. Les plaintes liées aux nuisances pendant les vagues de chaleur rappellent l'urgence ressentie par certains citoyens. Pour l'heure, la suite du dossier dépendra :
- de l'avis du conseil d'administration d'Hygea après réception de l'étude chiffrée ;
- des possibilités de financement et de calendrier d'approvisionnement en matériel ;
- et des ajustements organisationnels que nécessitera toute modification du service.
La Ville de Mons assure rester mobilisée et prête à poursuivre les discussions avec l'intercommunale pour tenter de rapprocher l'objectif politique des contraintes opérationnelles. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si la promesse de campagne pourra être tenue à brève échéance ou si le dossier s'enlise davantage face à la réalité logistique.