Les structures d'enseignement pour adultes de Charleroi affichent une croissance marquée : elles accueillent désormais 60 % d'apprenants supplémentaires par rapport à il y a cinq ans, selon les responsables des établissements. Cette évolution s'accompagne d'une offre pédagogique dense et ciblée sur l'accès à l'emploi.
Une offre étoffée et orientée vers l'emploi
Le catalogue de formations des établissements carolos compte aujourd'hui environ 150 modules couvrant des besoins variés. Les responsables mettent en avant la correspondance entre ces formations et les métiers recherchés sur le marché du travail local : l'objectif est de proposer des parcours pragmatiques qui permettent une réinsertion professionnelle rapide ou une reconversion.
Ces formations s'adressent aussi bien à des demandeurs et demandeuses d'emploi qu'à des travailleurs et travailleuses en reconversion. Les parcours peuvent déboucher sur des qualifications nouvelles, ou sur l'obtention d'un diplôme de l'enseignement secondaire inférieur ou supérieur, offrant ainsi une possibilité concrète de montée en compétences.
Un maillage local pour faciliter l'insertion
Le réseau a développé au fil du temps des collaborations avec plusieurs acteurs de l'écosystème local pour renforcer l'accompagnement social et professionnel des apprenants :
- la Croix-Rouge ;
- les CPAS ;
- les hôpitaux de la région ;
- des centres Fedasil.
Ces partenariats permettent d'articuler formation et insertion : orientation, mise en relation avec des employeurs, assistance sociale ou accès aux stages pratiques figurent parmi les services facilités par ces coopérations.
« une véritable école de la "seconde chance" »
L'échevine carolo qualifie ces établissements d'« une véritable école de la "seconde chance" », soulignant leur rôle dans la délivrance de nouvelles qualifications et la possibilité, pour certains, d'obtenir un diplôme secondaire. Ce positionnement social et éducatif explique en partie l'augmentation des inscriptions observées.
Métiers en tension et réponses formatives
Plusieurs formations ciblent explicitement des métiers en pénurie ou en tension sur le marché régional. Parmi les professions prises en charge figurent notamment :
- aide-soignante ;
- auxiliaire de l'enfance ;
- coiffeuse ;
- opticien ;
- conducteur de chariot élévateur ;
- technicien commercial.
Parallèlement, les établissements ont développé des modules spécifiques, comme une préparation aux épreuves de sélection de la police, répondant à des besoins précis d'accès à des filières professionnelles structurées.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Croissance de la fréquentation (5 ans) | +60 % |
| Nombre approximatif de formations | 150 |
Conséquences et enjeux
La progression des inscriptions place la question des moyens au premier plan : adaptation des locaux, recrutement de formateurs qualifiés, financement des dispositifs et équilibre entre formation certifiante et accompagnement social. Le développement des cursus en lien direct avec l'emploi local peut aussi influer sur l'offre de travail en périphérie des grandes villes, en favorisant des parcours qui répondent à des besoins identifiés par les employeurs régionaux.
Enfin, l'ouverture vers des publics variés — demandeurs d'emploi, personnes en reconversion, bénéficiaires de dispositifs d'accueil — montre que l'enseignement pour adultes joue un rôle central dans la stratégie locale d'insertion. S'il confirme son efficacité pour certaines filiè res, il pose aussi la question de sa capacité à absorber une demande toujours croissante sans compromettre la qualité des formations.
À Charleroi, la combinaison d'une offre diversifiée, d'un maillage partenarial et d'une réponse ciblée aux métiers en tension explique en grande partie la dynamique observée. Reste à voir comment ce modèle pourra être soutenu et dupliqué à plus grande échelle, compte tenu des besoins humains et logistiques qu'il génère.