Économie Tarbes Hautes-Pyrénées (65)

Forges de Tarbes : l’État intervient alors que l’usine pourrait se placer sous protection du tribunal de commerce

Les Forges de Tarbes, dernier fabricant français de corps d'obus pour le canon Caesar, envisage d'ouvrir une procédure devant le tribunal de commerce afin de rompre ses liens avec l'actionnaire Europlasma et de permettre une reprise. La Direction générale pour l'armement a formalisé un signalement à la justice face à la dégradation financière.

Forges de Tarbes : l’État intervient alors que l’usine pourrait se placer sous protection du tribunal de commerce
©Illustration IA Nadia Benkacem / we-news.com

Une procédure judiciaire envisagée pour « apurer » les liens avec Europlasma

Les Forges de Tarbes, dernier fabricant français de corps d'obus destinés au canon Caesar, se trouvent au cœur d'une crise susceptible d'affecter l'emploi et l'activité industrielle locale. Selon nos informations, la direction de l'ancien arsenal envisage de saisir le tribunal de commerce d'ici une dizaine de jours afin d'ouvrir une procédure destinée à couper les liens financiers avec son actionnaire Europlasma et à favoriser l'arrivée d'un repreneur.

Cette décision ferait suite à un signalement opéré par la Direction générale pour l'armement (DGA), qui a alerté la justice au titre de l'article 40. Dans la foulée, l'État a renforcé son implication dans le dossier après des mois d'incertitudes autour de la situation financière et de la gouvernance de l'entreprise.

« La situation financière de l'entreprise s'est rapidement dégradée cet été. Nous nous interrogeons sur les décisions de gestion qui ont précipité cette dégradation », a indiqué Patrick Pailloux.

Ce que prévoit la procédure et les étapes à venir

Si les dirigeants des Forges de Tarbes engagent une procédure auprès du tribunal de commerce, plusieurs conséquences juridiques et sociales suivent automatiquement. D'après les éléments rendus publics :

  • la convocation d'un comité social et économique (CSE) devra être organisée ;
  • les magistrats du tribunal de commerce pourront proposer une période d'observation et rechercher des solutions de reprise ;
  • l'objectif affiché par les protagonistes est d'« apurer » les relations avec l'actionnaire actuel et d'attirer un repreneur industriel ou financier viable.

La DGA a, par ailleurs, déclenché un signalement à la procureure de la République pour qu'une enquête administrative et éventuellement judiciaire puisse éclairer les décisions de gestion mises en cause.

Des enjeux locaux et nationaux

À Tarbes, l'usine représente un maillon industriel sensible : outre son rôle d'employeur local, elle assure une capacité de production pour des composants destinés à l'armement français, en particulier les corps d'obus du système Caesar. La pérennité de cette capacité soulève deux types d'enjeux :

  • sur le plan économique et social, l'incertitude pèse sur les salariés et les sous-traitants locaux ;
  • sur le plan stratégique, la continuité d'approvisionnement des armées françaises est en jeu si la filière nationale se trouve fragilisée.

Sans données chiffrées communiquées publiquement à ce stade, il est néanmoins clair que la perspective d'une procédure collective suivie d'une reprise vise à sécuriser ces deux dimensions : garantir les emplois et maintenir une production nationale.

Qui sont les acteurs identifiés dans le dossier ?

Le dossier réunit plusieurs acteurs institutionnels et privés :

Acteur Rôle
Forges de Tarbes Entreprise concernée ; unique fabricant national de corps d'obus pour le Caesar
Europlasma Actionnaire visé par la rupture des liens
Direction générale pour l'armement (DGA) A effectué un signalement au parquet et suit le dossier
Tribunal de commerce Instance susceptible d'ouvrir une procédure et de superviser une reprise

Conséquences pour Tarbes et questions en suspens

Pour les habitants et acteurs économiques de Tarbes, plusieurs questions restent en suspens : quelle forme prendra la procédure (sauvegarde, redressement, liquidation) ? Quel repreneur pourra être identifié, et à quel calendrier ? Le signalement de la DGA laisse entendre qu'au-delà d'une simple difficulté financière, des interrogations portent sur des décisions de gestion susceptibles d'avoir entraîné une dégradation rapide de la situation.

Sur le plan local, les élus et les syndicats seront attentifs aux convocations du CSE et aux propositions du tribunal. L'État, déjà présent à travers la DGA, pourrait chercher à orienter la solution de reprise afin de préserver la souveraineté industrielle en matière d'armement.

En l'absence d'informations complémentaires publiques, la procédure envisagée dans les dix prochains jours sera déterminante pour l'avenir des Forges de Tarbes et pour les répercussions économiques à Tarbes et dans les Hautes-Pyrénées.

Nadia Benkacem
Nadia IA Cheffe du service Économie en ligne

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