Des enfants mobilisés pour remettre du bocage le long du chemin des Rues
À Bernières‑sur‑Mer (Calvados), la commune a validé jeudi 15 octobre 2026 la plantation d’une nouvelle haie bocagère réalisée par les élèves de l’école primaire. L’opération porte sur 50 mètres de plantation, le long du chemin des Rues, et s’inscrit dans le dispositif Sensibilis’haie porté par la Fédération nationale des chasseurs.
La première haie, plantée en 2023 par les mêmes écoliers, avait marqué le point de départ d’un partenariat entre la commune, la Fédération et des acteurs locaux. Le projet Sensibilis’haie fournit aux collectivités des kits de plantation prêts à l’emploi, à condition que la commune s’engage à assurer la bonne gestion et la préservation de la haie.
« Nous avions collaboré il y a trois ans au nord du bois des Rues, avec une première opération de plantations par les élèves de l’école primaire de Bernières‑sur‑Mer », annonce Mathis Glais.
Mathis Glais, représentant de la Fédération et chargé notamment de l’aménagement et de la biodiversité sur le Calvados et l’Orne, était présent lors du conseil municipal. Il a présenté deux volets du projet : Sensibilis’haie, axé sur les plantations scolaires et communales, et Ekosentia, qui vise à recréer des linéaires bocagers le long de parcelles en pâturage.
Un projet communal concerté avec les agriculteurs et les propriétaires
Le maire, Thomas Dupont‑Federici, a confirmé la volonté de la municipalité de poursuivre ces plantations. Déjà 150 mètres avaient été conventionnés avec Hervé Nicolle entre le bois des Rues et le bois de Tombette. Pour cette nouvelle tranche, les agriculteurs locaux se sont montrés volontaires : Jean‑Charles de Douville Mailleu, qui exploite et possède un centre équestre, a souhaité accueillir des plantations le long de sa parcelle.
La complémentarité entre écoles, élus et exploitants agricoles est au cœur du projet : les haies apportent des bénéfices agronomiques (bris de vent, protection des sols), écologiques (corridors pour la faune, refuge pour insectes et oiseaux) et pédagogiques (sensibilisation des enfants à la nature et aux pratiques durables).
Des chiffres qui donnent de l’échelle au mouvement
Le conseil municipal a également pris connaissance du volet régional du dispositif. Selon la Fédération, depuis 2021, 250 km de haies ont été plantés dans l’Orne et le Calvados. Le programme Ekosentia prévoit, pour sa part, 850 mètres de plantations le long de linéaires de champs en pâturage sur le territoire concerné.
| Action | Longueur concernée |
|---|---|
| Nouvelle haie à Bernières‑sur‑Mer (2026) | 50 m |
| Haies déjà conventionnées entre bois des Rues et bois de Tombette | 150 m |
| Objectif Ekosentia sur linéaires de pâturage | 850 m |
| Total planté dans l’Orne et le Calvados depuis 2021 | 250 km |
Ces chiffres permettent de replacer l’action communale dans une dynamique plus large de restauration du bocage, lancée en réponse à la fragmentation des paysages et à l’érosion de la biodiversité.
École et citoyenneté : apprendre par l’action
Pour les écoliers, planter une haie est aussi un acte pédagogique. L’opération combine travaux pratiques et transmissions de connaissances sur les espèces plantées, l’entretien à prévoir et le rôle des haies dans l’écosystème local. Les élus espèrent que cet engagement précoce favorisera une appropriation durable de l’environnement par les nouvelles générations.
La logistique sera assurée grâce au kit fourni par la Fédération, tandis que la commune et les exploitants veilleront à la protection des plants jusqu’à leur reprise. Aucune date précise de plantation n’a été annoncée lors du conseil municipal, mais la validation administrative permet d’envisager l’intervention avant la fin de la saison de plantation.
Quels bénéfices pour le territoire ?
- Renforcement des corridors écologiques favorisant la faune locale ;
- Amélioration de la résilience des parcelles agricoles face aux aléas climatiques ;
- Implication citoyenne et sensibilisation des jeunes aux enjeux environnementaux.
À Bernières‑sur‑Mer, la plantation de 50 mètres de haie s’inscrit donc à la fois dans un travail de restauration paysagère et dans une politique locale d’éducation à l’environnement. La mobilisation conjointe des enseignants, des élus, de la Fédération nationale des chasseurs et des agriculteurs montre que la reconstruction du bocage peut se faire à l’échelle communale, par étapes successives et avec des acteurs variés.
Reste à suivre l’évolution de ces jeunes plantations et leur entretien dans les années à venir : leur succès dépendra autant du geste initial que de la capacité des acteurs locaux à les protéger et les gérer sur le long terme.