Valéry Lanou — pseudonyme de Michel Huysmans — s’impose comme une figure protéiforme de la culture belge. Né dans un environnement familial ancré dans le théâtre, il a construit une carrière qui embrasse le cinéma, la mise en scène théâtrale, la production audiovisuelle et, plus récemment, la peinture.
Des débuts au cinéma puis au théâtre
Après des premières années consacrées au dessin et à la peinture, il débute professionnellement dans le cinéma. À 25 ans, il écrit et réalise le long métrage Ras le bol, une coproduction franco-belge qui rencontre un accueil important en France et au Canada. Parallèlement, il multiplie les mises en scène en Belgique et voit l’une de ses pièces, Dolla Mona ou l’école des patrons, présentée au cloître des Carmes dans le cadre du Festival d’Avignon, signe d’une reconnaissance sur la scène théâtrale francophone.
Une production audiovisuelle foisonnante
Sa filmographie est dense : plus de 300 films documentaires, institutionnels, publicitaires et clips figurent à son actif. Plusieurs de ces œuvres ont été distinguées à l’international. Parmi les prix mentionnés figurent une récompense à New York pour Les chemins de l’immunologie et un prix à Venise pour Les trois sœurs, un film consacré à la maladie d’Alzheimer.
Édition, opéra et direction de chaînes
Outre le cinéma et le théâtre, Michel Huysmans a développé une activité éditoriale et musicale. Son ouvrage Bruxelles à murs ouverts a reçu la médaille de bronze au Prix du livre d’art de Leipzig. Il a également signé un opéra, Raul et Izmira. Sous un autre pseudonyme, Georgette Van Boxmeer, il a été primé pour le scénario de L’apprenti.
Un acteur des médias urbains européens
Sur le plan institutionnel et opérationnel, il a dirigé pendant dix ans la chaîne de télévision de Bruxelles avant de fonder EACTV, présenté comme le premier réseau de chaînes de grandes villes européennes. Il a ensuite assumé la fonction de secrétaire général de Go Local, un réseau paneuropéen rassemblant une cinquantaine de chaînes locales. Ces responsabilités témoignent de son engagement dans le développement des médias urbains en Europe.
La peinture, nouvelle priorité
Aujourd’hui, la peinture occupe la place centrale dans son activité artistique. Exposé en Belgique, en France, en Asie et en Inde, il explore un thème récurrent : la figure des femmes — leurs histoires, leurs combats, leurs contradictions. L’argent y tient une place symbolique et récurrente : billets de banque, scènes d’opulence ou de désir, images provocantes qui mêlent humour et critique sociale. Le langage visuel qu’il déploie interroge les inégalités et les représentations contemporaines du pouvoir et de la richesse.
- Discipline : cinéma, théâtre, télévision, peinture
- Œuvres marquantes : Ras le bol, Les chemins de l’immunologie, Les trois sœurs, Bruxelles à murs ouverts
- Rôles publics : direction de la chaîne de Bruxelles, fondateur d’EACTV, secrétaire général de Go Local
| Œuvre / Activité | Récompense / fait |
|---|---|
| Les chemins de l’immunologie | Prix à New York |
| Les trois sœurs | Prix à Venise (film sur Alzheimer) |
| Bruxelles à murs ouverts | Médaille de bronze, Prix du livre d’art de Leipzig |
| L’apprenti (scénario) | Prix sous le pseudonyme Georgette Van Boxmeer |
Sa trajectoire illustre un parcours artistique et professionnel qui traverse les formes et les territoires. De la salle de montage aux coulisses des théâtres, des bureaux de chaînes locales aux galeries d’exposition, Valéry Lanou reste un créateur attentif aux récits individuels et aux dynamiques sociales. Son basculement vers la peinture, tout en s’appuyant sur une carrière déjà riche, marque une nouvelle étape où l’image fixe reprend la voix pour interroger notre rapport au monde et aux représentations.
En Belgique, comme à l’étranger, son travail continue d’alimenter des débats sur la place des femmes dans l’art et sur la manière dont l’argent est mis en scène au sein des productions contemporaines, faisant de Valéry Lanou une figure qui refuse la simplicité et multiplie les registres d’exploration.