Le dossier du décès de Rolande Ducharme, 81 ans, survenu dans une résidence pour personnes âgées (RPA) de Montréal en 2022, a pris mardi une tournure judiciaire importante : l’accusée, Élyse Quenneville-Proulx, 38 ans, a plaidé coupable à un chef réduit d’homicide involontaire. La Couronne et la défense ont soumis une suggestion commune de peine de 18 ans de pénitencier.
Une affaire relancée par une parente
Ce dossier avait failli ne jamais aboutir à une enquête criminelle. Malgré des blessures manifestes, la police et le coroner avaient d’abord conclu à une mort « accidentelle ». C’est la nièce de la victime, Édith Perreault, qui a refusé d’accepter cette conclusion et a poussé pour que des investigations et une autopsie soient menées. Au palais de justice de Montréal, la juge Hélène Di Salvo a salué publiquement cette détermination.
« Madame, vous êtes extraordinaire d’avoir poussé l’enquête vous‑même », a déclaré la magistrate, avant d’ajouter : « Je suis franchement impressionnée ! »
La procureure de la Couronne, Me Jade Coderre, a elle aussi qualifié la nièce d’« héroïne ». Sans son intervention, « ni enquête ni autopsie n’auraient été effectuées », a souligné la juge.
Les faits connus
Les éléments dévoilés lors de l’audience indiquent que la victime a été poignardée à 34 reprises par une femme décrite comme « perturbée », qui l’aurait choisie au hasard. Les circonstances exactes de l’agression n’ont pas été précisées dans le compte rendu public, mais la procureure a présenté l’attaque comme « gratuite et vicieuse ». La juge a ajouté que l’affaire « frappe l’imaginaire ».
- Victime : Rolande Ducharme, 81 ans, résidente d’une RPA à Montréal.
- Accusée : Élyse Quenneville‑Proulx, 38 ans, a plaidé coupable d’homicide involontaire.
- Pénalité proposée : suggestion commune de 18 ans de prison.
La victime était décrite par sa famille comme très active : elle faisait du bénévolat quotidiennement et s’occupait de sa mère, âgée de 103 ans. Sa nièce a rendu un témoignage poignant, évoquant une tante « droite », « dévouée » et d’une « générosité sans borne ».
Conséquences procédurales et questions soulevées
La requalification de la mort, obtenue grâce à l’obstination d’un proche, met en lumière plusieurs enjeux : la manière dont sont évalués les décès en milieu résidentiel pour personnes âgées, les procédures de signalement et d’autopsie, ainsi que la place des familles dans le déclenchement d’enquêtes judiciaires. Le fait qu’une affaire comportant des blessures évidentes ait d’abord été classée comme accident soulève des interrogations sur les pratiques initiales de la police et du coroner dans ce type de dossier.
| Élément | Informations |
|---|---|
| Année de l’événement | 2022 |
| Nombre de blessures par arme blanche | 34 |
| Réduction de chef | Homicide involontaire |
| Pénalité suggérée | 18 ans |
Lors de l’audience, la Couronne a insisté sur le caractère arbitraire et violent de l’attaque. La proposition commune de peine ne préjuge pas de la décision définitive du tribunal, mais reflète l’accord entre les parties sur une sanction jugée appropriée compte tenu des éléments connus.
Au‑delà du volet pénal, cette affaire illustre aussi le poids des démarches personnelles pour obtenir la tenue d’investigations judiciaires et médicales. La reconnaissance publique de la nièce par la juge et la procureure souligne l’importance, parfois déterminante, des proches dans l’accès à la vérité.