TUI menace de rapatrier ou de diminuer le nombre d’avions basés en Belgique en réaction à la hausse récente de la taxe aéronautique, a déclaré son directeur général dans un entretien repris par L’Echo. L’annonce intervient quelques jours après la décision de Ryanair de supprimer une partie de sa flotte sur le territoire belge, illustrant une contre-performance potentielle du pays pour l’implantation d’appareils et de postes liés au transport aérien.
Un effet en chaîne sur l’emploi et les capacités
Ryanair a déjà retiré cinq de ses dix-neuf appareils basés en Belgique. Cette mesure a été directement liée à l’augmentation de la taxe aérienne et s’est traduite par la suppression d’environ 150 emplois et une réduction estimée à 2 millions de sièges disponibles pour les voyageurs. TUI, qui dispose aujourd’hui de 20 avions basés en Belgique et emploie près de 2 100 personnes dans le pays, indique qu’il pourrait suivre une démarche similaire si le contexte fiscal ne change pas.
- Ryanair : retrait de 5 appareils, ~150 emplois supprimés, -2 millions de sièges.
- TUI : 20 appareils basés en Belgique, 2 100 employés ; menace de réduire la flotte.
Le dossier dépasse le seul cadre des compagnies : il touche l’attractivité du pays pour les bases aériennes, la capacité des voyagistes à proposer des liaisons et, à terme, le prix et l’accès aux vacances pour une partie de la population.
Un avertissement politique de la direction de TUI
Le CEO de TUI, Sebastian Ebel, a résumé la position du groupe dans L’Echo en jugeant que « le contexte fiscal est défavorable en Belgique ». Il a ensuite placé la balle dans le camp des autorités :
« Nous pourrions réduire le nombre d'avions, mais la question est avant tout politique. Le gouvernement belge doit décider s'il souhaite continuer à proposer des vacances abordables aux personnes aux revenus modestes. »
Cette déclaration lie explicitement une décision commerciale au choix des pouvoirs publics, soulignant une dimension politique qui pourrait alimenter les débats sur la fiscalité du secteur aérien et ses conséquences sociales.
Enjeux et conséquences
Plusieurs conséquences sont à retenir :
- une diminution possible de l’offre de sièges, qui affecterait la concurrence et les prix ;
- un risque pour l’emploi direct au sein des compagnies et indirect au sein des services aéroportuaires et du tourisme ;
- une question de politique publique : comment concilier recettes fiscales et maintien de vols accessibles pour les ménages à faibles revenus ?
Les déclarations publiques de transporteurs comme Ryanair et TUI montrent que les modifications fiscales peuvent entraîner des réactions rapides sur la structure opérationnelle des compagnies. Le choix des autorités belges sera scruté par d’autres acteurs du secteur, qui pourraient réévaluer leurs implantations selon l’évolution de la fiscalité.
Pour l’heure, TUI n’a pas annoncé de décision définitive : le groupe évoque la possibilité de réduire le nombre d’appareils, sans préciser de calendrier ni le nombre d’avions concernés. De même, des mesures d’affectation du personnel entre bases (pilotes, équipages) sont évoquées par comparaison avec la manière dont Ryanair a géré ses transferts, mais aucun détail concret n’a été rendu public par TUI.
Du côté des autorités, aucune réaction officielle n’est encore citée dans les articles ayant relayé l’entretien de Sebastian Ebel. Le dossier devrait néanmoins revenir sur la table des discussions politiques et économiques dans les jours à venir, alors que gouvernements et acteurs du transport aérien mesureront l’impact de la taxe sur l’emploi, l’offre et le pouvoir d’achat des voyageurs.
| Opérateur | Appareils basés (avant) | Emplois en Belgique | Décision |
|---|---|---|---|
| Ryanair | 19 | — | Retrait de 5 appareils, ~150 emplois supprimés |
| TUI | 20 | 2 100 | Menace de réduction de flotte |