Quarante professionnel·le·s de la petite enfance — vingt du Bénin et vingt du Togo — ont suivi, du 13 au 29 juillet 2026 à Lokossa (Bénin), une formation organisée conjointement par le Syndicat National des Enseignants des Écoles Maternelles du Bénin (SYNAEM-Bénin) et le Syndicat National des Enseignants de la Petite Enfance du Togo (SYNEPET). L’initiative, soutenue par la fondation suisse Coopération Pédagogique en Afrique (CPA) et financée par le Syndicat des enseignantes et enseignants de Suisse romande (SER), vise à renforcer la place et la qualité de l’enseignement préscolaire dans ces deux pays.
Objectifs : reconnaissance, moyens et pratiques
La formation entendait répondre à un constat partagé par les syndicats : la petite enfance demeure souvent démunie face aux priorités éducatives nationales. Par une série d’ateliers et d’échanges, les participantes et participants ont été invités à confronter leurs expériences, identifier des besoins concrets et imaginer des pistes d’action adaptées à leurs contextes locaux. L’action veut faire émerger une « voix » syndicale spécifique à la petite enfance, capable d’exiger davantage de reconnaissance et de ressources.
« L'objectif, c'est de partager les expériences et de voir comment des syndicats de la petite enfance peuvent communiquer, parce que nous sommes les parents pauvres du système éducatif »
Cette phrase, prononcée par Gaëtan Kponoukon, secrétaire général du SYNAEM, résume l’urgence perçue par les acteurs : placer la maternelle au coeur des préoccupations éducatives et syndicales.
Coopération et respect des contextes locaux
Les organisateurs insistent sur un principe essentiel : la coopération internationale ne doit pas consister à transposer mécaniquement un modèle d’un pays à l’autre. L’approche défendue privilégie la mise en partage des savoirs professionnels issus du terrain et la capacité des enseignant·e·s à définir eux‑mêmes les priorités et les solutions adaptées à leur environnement.
Du côté du SER, David Rey a souligné l’importance de valoriser ces savoirs pratiques et de soutenir l’action collective des professionnel·le·s. L’objectif est d’accompagner des dynamiques locales plutôt que d’imposer des recettes extérieures.
Un dispositif concret
La formation s’est déroulée sur près de trois semaines et a rassemblé des enseignantes et enseignants ainsi que des responsables d’établissement. Outre les ateliers pédagogiques, les sessions ont favorisé le partage de pratiques et la construction d’outils revendicatifs et professionnels que les syndicats pourront porter dans leurs pays.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Dates | 13–29 juillet 2026 |
| Lieu | Lokossa, Bénin |
| Participants | 40 (20 du Bénin, 20 du Togo) |
| Organisateurs | SYNAEM‑Bénin et SYNEPET (Togo) |
| Soutien | CPA (fondation suisse) et financement du SER |
Conséquences possibles et suite
À court terme, les participant·e·s repartent avec des outils pédagogiques et des pistes d’action syndicale. À moyen terme, l’espoir des organisateurs est que ces initiatives permettent d’améliorer la reconnaissance institutionnelle de la maternelle, d’influencer les discussions salariales et statutaires, et d’obtenir davantage de moyens matériels et de formation continue pour les enseignant·e·s de la petite enfance.
- Renforcement de la coopération transfrontalière entre syndicats de la petite enfance
- Valorisation des savoirs professionnels issus du terrain
- Mise en place d’outils syndicaux et pédagogiques adaptés aux contextes locaux
Cette initiative illustre l’importance croissante, au sein des mouvements syndicaux de l’éducation, d’une approche qui combine action collective et respect des réalités locales. Pour des pays où l’enseignement préscolaire peine souvent à obtenir des moyens, la mobilisation syndicale apparaît comme un levier pour faire évoluer les politiques éducatives.