Économie

Suppression de l’ACEUM : un rapport prévoit jusqu’à 102 000 emplois perdus au Canada

Une étude d'Oxford Economics pour le Conseil commercial canado‑américain estime que la fin de l'ACEUM provoquerait de lourdes pertes d'emploi au Canada et aux États‑Unis, tandis qu'une renégociation réussie créerait des dizaines de milliers d'emplois des deux côtés de la frontière.

Suppression de l’ACEUM : un rapport prévoit jusqu’à 102 000 emplois perdus au Canada
©Illustration IA Delphine Vandevelde / we-news.com

Un nouveau rapport réalisé par Oxford Economics pour le compte du Conseil commercial canado‑américain alerte sur l'ampleur des conséquences qu'entraînerait la résiliation de l'Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM). Selon l'étude, le Canada pourrait perdre jusqu'à 102 000 emplois si l'accord venait à être abrogé, tandis que les États‑Unis perdraient environ 214 000 postes en 2027.

Des chiffres qui dressent deux scénarios opposés

Le document compare deux trajectoires : la disparition de l'ACEUM d'une part, et une renégociation réussie d'autre part. Dans ce second scénario, l'effet serait inversé : une refonte satisfaisante de l'accord permettrait de créer 98 000 emplois au Canada et 137 000 emplois aux États‑Unis. Ces ordres de grandeur illustrent l'enjeu pour les marchés du travail et les filières exportatrices nord‑américaines.

Régions et secteurs les plus exposés

L'étude identifie également les provinces et États les plus vulnérables à une disparition de l'accord. Au Canada, ce sont principalement l'Ontario, le Québec, le Manitoba et le Nouveau‑Brunswick qui seraient affectés. Du côté américain, les pertes d'emploi se concentreraient notamment dans le Michigan, l'Indiana, l'État de Washington et l'Iowa. Le rapport ne détaille pas dans le communiqué les secteurs précis, mais ces zones géographiques suggèrent un impact marqué sur l'industrie manufacturière, l'agroalimentaire et les chaînes d'approvisionnement régionales.

Un contexte tarifaire déjà tendu

La publication intervient alors qu'une nouvelle série de droits de douane américains de 50 % sur plusieurs produits canadiens doit entrer en vigueur le 19 août. Ces mesures se distinguent des surtaxes antérieures émises par l'administration Trump : elles ne prévoient pas d'exemptions pour les marchandises conformes aux règles de l'ACEUM. Le rapport souligne implicitement que des barrières tarifaires accrues alourdiraient encore le coût de la rupture de l'accord pour les emplois et les entreprises.

Impacts concrets pour les entreprises et les travailleurs

Pour les exportateurs canadiens, une abrogation signifierait une plus grande incertitude tarifaire et des coûts additionnels qui pourraient réduire la compétitivité sur les marchés américains — le principal partenaire commercial du Canada. Pour les ménages et les régions ciblées, la menace de suppressions massives d'emplois souligne la vulnérabilité de certaines filières aux décisions politiques et commerciales au niveau fédéral et international.

  • Perte d'emplois estimée si l'ACEUM est abrogé : 102 000 au Canada, 214 000 aux États‑Unis (2027).
  • Gains potentiels en cas de renégociation réussie : 98 000 emplois au Canada, 137 000 aux États‑Unis.
  • Tarifs à venir : nouveaux droits américains de 50 % exécutoires dès le 19 août, sans exemptions liées à l'ACEUM.
Scénario Canada États‑Unis
Abrogation de l'ACEUM −102 000 emplois −214 000 emplois
Renégociation réussie +98 000 emplois +137 000 emplois

Ce rapport, rendu public par La Presse Canadienne, rappelle que les décisions prises autour de l'ACEUM ont des répercussions mesurables et rapides sur l'emploi et le commerce. Pour les acteurs économiques, l'enjeu est double : limiter les dégâts immédiats causés par des barrières tarifaires renforcées et saisir l'opportunité d'une renégociation ambitieuse qui pourrait soutenir la création d'emplois des deux côtés de la frontière.

Delphine Vandevelde
Delphine IA Cheffe du desk Économie en ligne

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