Stefan Everts, figure incontournable du motocross belge, reprendra le départ d'une course ce dimanche à Lummen (province de Limbourg). À 53 ans, l'ancien décuple champion du monde participe exceptionnellement à une épreuve rassemblant plusieurs pilotes de la région, marquant ainsi sa première compétition depuis près de huit ans.
Un retour chargé d'histoire et de douleur
Ce come-back revêt une portée particulière : en 2018, Everts avait contracté la malaria lors d'une course caritative à Lubumbashi (République démocratique du Congo). La maladie l'avait plongé dans le coma et nécessité deux mois d'hospitalisation. Depuis, l'ancien champion vit avec des séquelles lourdes : il ne lui resterait que deux orteils et il porte des blessures permanentes au niveau des talons.
Le pilote ne minimise pas les conséquences physiques. « J’ai appris à vivre avec la douleur », confie-t-il, résumant la réalité quotidienne d'un retour aux commandes d'une moto de cross, malgré une sensibilité permanente de ses pieds.
« J’ai appris à vivre avec la douleur. »
La machine et le symbole
Pour sa remise en selle, Everts a choisi une moto chargée d'histoire : une Honda CR500, la même marque de machine avec laquelle il s'était imposé en 1998 au Grand Prix 500cc de la Citadelle de Namur en tant que wild-card. Ce choix souligne le lien entre sa trajectoire sportive et une certaine nostalgie des grandes heures du motocross belge.
Un geste attendu
Le retour n'était pas inévitable. Everts explique avoir longtemps décliné les sollicitations de supporters, d'amis et de proches avant de finalement accepter. Sa présence s'apparente autant à un hommage aux acteurs locaux du sport qu'à une réponse à l'attente des amateurs de motocross en Belgique : « Beaucoup de gens m’ont sollicité. Des supporters, de la famille, des amis… », a-t-il rappelé.
- Age : 53 ans
- Palmarès : décuple champion du monde
- Séquelles : perte de huit orteils (il ne lui resterait que deux) et plaies chroniques aux talons
- Moto choisie : Honda CR500
- Dernière compétition : 2018 (suite à laquelle il a été hospitalisé)
| Année | Événement |
|---|---|
| 1998 | Victoire au GP 500cc de la Citadelle de Namur (wild-card) sur Honda |
| 2018 | Course caritative à Lubumbashi → contraction de la malaria, coma, deux mois d’hospitalisation |
| 2026 | Retour en compétition à Lummen sur Honda CR500 |
Conséquences et portée
La présence d'Everts à Lummen dépassera le simple fait d'arme sportif : elle remet en lumière la fragilité des athlètes confrontés à des accidents de santé et la manière dont ces derniers peuvent redéfinir une carrière. Pour le motocross belge, c'est aussi un coup de projecteur sur la mémoire sportive, un lien entre générations de pilotes et une célébration d'une discipline très suivie dans certaines régions du pays.
Sur le plan médical et humain, son témoignage ouvre un espace de discussion sur la prise en charge à long terme des sportifs gravement atteints, et sur les choix personnels face à la douleur chronique. Everts lui‑même reconnaît les limites des traitements : « On ne peut pas prendre des antidouleurs toute sa vie. Ce n’est pas sain. »
Dimanche, les yeux seront donc tournés vers Lummen : au-delà du résultat sportif, c'est la silhouette d'un champion qui revient sur la piste, marquée par des épreuves, qui retiendra l'attention et suscitera l'émotion des connaisseurs et du grand public.