Un sondage réalisé par l’institut Dedicated pour la chaîne LN24 teste l’idée d’une élection directe du chef du gouvernement fédéral. Présentés mardi soir dans l’émission « Le grand choix des Belges », les résultats montrent que, dans ce scénario hypothétique, Bart De Wever arriverait en tête au niveau national et conserverait la possibilité d’être désigné comme Premier ministre.
Un exercice institutionnel et politique
Le principe même d’une désignation directe du Premier ministre s’écarte du fonctionnement actuel belge : après des élections fédérales, la personne qui pilote les négociations de coalition est habituellement celle qui prend ses quartiers au 16, rue de la Loi, mais ce processus dépend des accords entre formations politiques et non d’un scrutin uninominal. Le sondage prend donc la liberté de transposer le choix du chef du gouvernement dans une logique électorale de type « présidentielle » afin de mesurer les préférences de l’électorat.
Résultats par région et au niveau national
Les intentions de vote diffèrent sensiblement selon la Région :
- Flandre : Bart De Wever domine avec 30 %, suivi de Tom Van Grieken (17 %) et de Conner Rousseau (9 %).
- Bruxelles : De Wever conserve la première place mais avec une avance réduite (16 %), devant Raoul Hedebouw (14 %) et Paul Magnette (13 %).
- Wallonie : Paul Magnette arrive en tête (16 %), suivi de Raoul Hedebouw (13 %) et de Yvan Verougstraete, président des Engagés (position mentionnée sans pourcentage précis dans les éléments fournis).
À l’échelle de la Belgique entière, les trois premiers sont, dans l’ordre, Bart De Wever, Tom Van Grieken et Raoul Hedebouw.
| Région | 1er | 2e | 3e |
|---|---|---|---|
| Flandre | Bart De Wever (30 %) | Tom Van Grieken (17 %) | Conner Rousseau (9 %) |
| Bruxelles | Bart De Wever (16 %) | Raoul Hedebouw (14 %) | Paul Magnette (13 %) |
| Wallonie | Paul Magnette (16 %) | Raoul Hedebouw (13 %) | Yvan Verougstraete (position citée) |
Enjeux et conséquences
Ce sondage illustre plusieurs tensions institutionnelles et politiques :
- Il rappelle que l’actuel mode de désignation du chef de l’exécutif fédéral est particratique : les électeurs n’interviennent pas directement dans le choix du Premier ministre.
- Les différences régionales mettent en évidence la fracture politique du pays : un leader clairement dominant en Flandre peut apparaître moins central à Bruxelles ou en Wallonie.
- L’exercice renforce la visibilité médiatique des présidents de parti et alimente le débat sur d’éventuelles réformes institutionnelles, sans pour autant constituer une proposition de loi ou un mandat public pour un changement constitutionnel.
Le sondage a aussi donné lieu à des réactions de responsables politiques évoquées à l’antenne : ainsi, une phrase attribuée à Georges‑Louis Bouchez a été rapportée dans le cadre des interventions, illustrant la tonalité parfois provocatrice des échanges autour du classement des personnalités politiques.
« J'envisagerais de quitter la politique pour diriger le football professionnel belge »
Ce type de déclaration, relayée lors de l’émission, illustre que l’exercice combine données chiffrées et mises en scène médiatiques des acteurs politiques. Ces éléments nourrissent le débat public mais ne modifient en rien les règles constitutionnelles actuelles.
Lecture prudente des chiffres
Les résultats offrent une photographie de perceptions et de notoriétés à un instant donné. Ils ne préjugent pas d’alliances futures ni de la capacité d’un leader à rassembler une majorité parlementaire sous le système belge. Ils sont néanmoins utiles pour mesurer l’empreinte nationale de responsables politiques souvent perçus comme essentiellement régionaux.
Au-delà de la curiosité, l’exercice rappelle l’écart entre modèles institutionnels : une élection directe du chef du gouvernement placerait la personnalité au cœur du suffrage, là où le système belge privilégie aujourd’hui une construction de majorité négociée entre partis.