Un document publié en 2026 met en lumière une réalité préoccupante en matière de santé sexuelle : une part importante de la population a grandi sans pouvoir évoquer librement la sexualité, ce qui complique aujourd’hui la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) et les questions liées au consentement. Ces conclusions alimentent la nouvelle feuille de route gouvernementale 2026-2030 sur la santé sexuelle.
Un manque de parole aux conséquences concrètes
Le SexReport 2026, réalisé pour la marque Adam & Eve, montre que seulement 22,9 % des personnes interrogées affirment avoir pu parler «
absolument» de sexualité durant leur jeunesse. À l’inverse, près de la moitié d’entre elles évoquent des obstacles importants : 21,8 % indiquent que parler du sujet était « à peine » possible et 20,5 % qu’il ne l’était « pas du tout ».
Ce déficit d’échanges au sein des familles ou des milieux éducatifs laisse les jeunes s’informer principalement par leurs pairs ou via Internet, des sources souvent incomplètes ou erronées, soulignent les auteurs du rapport. Le manque de vocabulaire et de repères rend plus difficile la prise de décisions éclairées en matière de contraception, de protection contre les IST et de respect du consentement.
La feuille de route 2026-2030 : objectifs et priorités
Pour répondre à ces lacunes, le gouvernement a présenté en septembre 2026 une stratégie nationale pour la période 2026-2030 centrée sur plusieurs priorités : renforcer l’éducation à la vie affective et sexuelle, faciliter l’accès à l’information fiable, et améliorer la prévention des IST. Cette démarche s’inscrit dans la continuité de l’Education à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), généralisée dans les établissements scolaires depuis janvier 2025.
- Renforcer l’EVARS dans les écoles et évaluer son impact.
- Rendre l’information et les services de dépistage plus accessibles.
- Adapter les messages de prévention aux réalités des jeunes et des différents publics.
Les promoteurs de la feuille de route insistent sur la nécessité d’un travail coordonné entre autorités sanitaires, établissements scolaires et acteurs associatifs pour que les mesures atteignent leur cible et s’inscrivent dans la durée.
Différences de comportements face à la protection
Le SexReport met également en lumière des différences entre femmes et hommes dans les pratiques de protection contre les IST. Ainsi, 44,8 % des hommes interrogés déclarent utiliser un moyen de contraception pour se protéger des IST, contre seulement 17,9 % des femmes, un écart qui interpelle quant à la répartition des responsabilités et à l’accès aux outils de prévention.
| Indicateur | Pourcentage |
|---|---|
| Peut parler « absolument » de sexualité dans la jeunesse | 22,9 % |
| Hommes déclarant utiliser contraception pour se protéger des IST | 44,8 % |
| Femmes déclarant utiliser contraception pour se protéger des IST | 17,9 % |
Ces chiffres, issus du SexReport 2026, suggèrent que les campagnes de prévention doivent non seulement promouvoir l’usage du préservatif mais aussi travailler sur les normes sociales et l’éducation afin d’impliquer tous les acteurs dans la protection collective.
Que faire pour l’avenir ?
La généralisation de l’EVARS est une première étape ; la feuille de route 2026-2030 vise à prolonger cet effort par des actions ciblées et évaluées. Pour être efficaces, ces mesures devront notamment :
- être déployées de manière homogène sur le territoire ;
- associer professionnels de la santé, enseignants et associations spécialisées ;
- prévoir des indicateurs de suivi pour mesurer l’évolution des connaissances et des comportements.
Les autorités sanitaires restent les référents principaux pour l’élaboration et l’évaluation des politiques publiques en santé sexuelle. Les données 2026 montrent l’urgence d’un travail de longue haleine pour transformer en profondeur les pratiques d’information et de prévention, afin que les jeunes d’aujourd’hui disposent des outils et des mots pour se protéger et respecter les autres.