Le Vietnam a lancé une réorganisation d’envergure de son réseau d’enseignement public visant à ajuster l’offre scolaire aux besoins des populations. Par un document signé le 10 juillet 2026, la vice-Première ministre Pham Thi Thanh Tra a formalisé les directives destinées aux autorités provinciales et communales pour mener cette réorganisation avant le 30 août 2026.
Objectifs et cadre réglementaire
Le texte officiel, identifié sous la référence n° 777/TTg-TCCV, fixe comme but la réorganisation des structures préscolaires, primaires, secondaires et des dispositifs de formation continue et professionnelle. L’exécutif demande que la démarche réponde aux caractéristiques démographiques locales — taille de la population, répartition géographique et besoins effectifs d’apprentissage — et non pas à une logique purement comptable.
Concrètement, l’administration centrale vise une réduction d’environ 30 % du nombre d’établissements publics par rapport au référentiel du 1er juillet 2025. Les responsables locaux sont invités à revoir la carte scolaire en optimisant l’utilisation des infrastructures, des personnels et des investissements.
Entre rationalisation et risques de conséquences indésirables
Les autorités insistent sur le fait que diminuer les unités administratives ne suffit pas : l’objectif est d’améliorer l’efficacité de la gouvernance et la qualité du service éducatif. Le document gouvernemental met en garde contre les conséquences négatives possibles si la réorganisation n’est pas pensée autour des besoins des élèves et des familles. Parmi les problèmes potentiels identifiés figurent :
- l’allongement des trajets scolaires pour les élèves ;
- la perturbation des équipes enseignantes et de la continuité pédagogique ;
- la mauvaise utilisation des infrastructures existantes ;
- le transfert de lourdeurs administratives vers d’autres échelons sans réel gain d’efficacité.
À l’inverse, une réorganisation réussie devrait permettre de réduire les doublons administratifs, d’optimiser l’usage des bâtiments scolaires, de faciliter la coordination pédagogique et d’améliorer la gouvernance au bénéfice des apprentissages.
Chiffres et calendrier
Le plan annoncé concerne plus de 11 000 établissements publics qui devront être évalués et redéployés selon les directives nationales. Le Premier ministre a demandé aux autorités locales d’achever les opérations de restructuration au plus tard le 30 août 2026, donnant ainsi un délai serré pour mettre en œuvre des changements d’envergure.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Référence du document | n° 777/TTg-TCCV |
| Date de signature | 10 juillet 2026 |
| Objectif de réduction | ~30 % (par rapport au 1er juillet 2025) |
| Échéance | 30 août 2026 |
Enjeux pour les acteurs éducatifs
La méthode préconisée par le gouvernement met l’accent sur une évaluation locale fine : la décision de fusionner ou de maintenir une structure doit tenir compte des réalités territoriales et pédagogiques. Pour les parents et les équipes, la préoccupation majeure reste l’accès à l’école et la qualité des parcours. Les autorités rappelées qu’une simple réduction numérique des établissements n’implique pas nécessairement une amélioration du service si les conditions d’apprentissage et d’encadrement se détériorent.
Le défi est double : rendre le système plus efficient sans accroître les inégalités d’accès ni fragiliser les conditions de travail des enseignants. La réussite de la manœuvre dépendra largement de la manière dont seront organisées les consultations locales, des investissements de réaménagement et de la capacité à préserver la continuité pédagogique pendant les opérations de regroupement.
« L’approche a évolué : on ne se contente plus de réduire mécaniquement le nombre d’écoles, mais on restructure le réseau. »
Cette phrase résume l’intention affichée par le pouvoir central : transformer l’offre scolaire en fonction des besoins réels plutôt que d’appliquer une logique purement arithmétique. Reste à voir comment, sur le terrain et sous des délais contraints, cette ambition sera traduite en décisions concrètes et acceptables pour les communautés concernées.