Le recrutement du personnel enseignant pour la rentrée dans la région du Saguenay–Lac‑Saint‑Jean apparaît globalement encourageant, mais des postes demeurent à pourvoir. Dans l’ensemble des quatre centres de services scolaires (CSS) de la région, on dénombre encore « une vingtaine » de postes à combler, la majorité se situant au CSS des Rives‑du‑Saguenay.
Des attributions en cours, confiance affichée
Les équipes administratives multiplient les attributions de dernière minute et s’attendent à finaliser certains recrutements dans les semaines à venir. Du côté du CSS des Rives‑du‑Saguenay, la conseillère en communication souligne l’optimisme de la direction :
« On est super confiants. »
Cette confiance repose sur les démarches en cours et sur la perspective de combler la plupart des besoins avant la rentrée effective des élèves.
Des tensions persistantes, notamment en musique
Malgré cette situation jugée « encourageante », plusieurs difficultés structurelles persistent. Les enseignements spécialisés, et en particulier la musique, sont plus difficiles à pourvoir depuis plusieurs années dans la région, faute d’un baccalauréat local en musique et d’un réservoir de candidats suffisant.
Au CSS du Lac‑Saint‑Jean, aucun poste n’était officiellement vacant au moment du point de presse. Le président du Syndicat de l'enseignement du Lac‑Saint‑Jean alerte toutefois sur la fragilité des ressources humaines : la liste de rappel des enseignants est « presque vide », ce qui accroît la vulnérabilité des remplacements et expose les équipes à des surcharges de travail.
- Des remplacements parfois assurés par du personnel déjà à temps plein ;
- Une réduction progressive des listes de rappel, qui expose les écoles à des pénuries rapides en début d’année ;
- Des solutions temporaires — formations courtes, recours aux retraités — jugées insuffisantes par les syndicats.
Un problème ancré au niveau provincial
Les responsables syndicaux relient ces difficultés régionales à un phénomène plus large au Québec. Plus de 3 000 postes restent encore à combler dans la province avant la rentrée, confirmant que la situation observée au Saguenay–Lac‑Saint‑Jean n’est pas isolée.
Pour le président du syndicat local, une partie du problème tient aux réponses apportées jusqu’ici : mesures de courte durée, recours à la rétention de personnel retraité et autres « pansements » qui ne traitent pas les causes structurelles. Son diagnostic est clair : il faut rendre la profession plus attractive, tant sur le plan des conditions de travail que des conditions de pratique, afin de stabiliser les effectifs à moyen et long terme.
Conséquences pour les élèves et les équipes
Si les attributions se poursuivent et que la plupart des postes sont effectivement pourvus, les acteurs locaux s’inquiètent des effets cumulés des remplacements imparfaits et des surcharges en début d’année scolaire. Des équipes scolaires déjà sollicitées pourraient voir leur charge augmentée, au prix de l’épuisement professionnel et d’un risque de moindre qualité pédagogique lorsque des enseignants doivent couvrir plusieurs missions.
| Échelle | Chiffres |
|---|---|
| CSS dans la région | 4 |
| Postes encore vacants (région) | ~20 |
| Postes à combler (province) | > 3 000 |
La période qui suit immédiatement la rentrée sera déterminante : elle montrera si les attributions en cours suffisent à stabiliser les équipes ou si la région connaîtra, comme d’autres secteurs du Québec, des tensions prolongées. Les syndicats appellent à des réponses structurelles pour l’attractivité de la profession, tandis que les directions des CSS poursuivent les recrutements et s’efforcent d’assurer une rentrée la plus normale possible pour les élèves.