Culture

Refus de visa : deux comédiennes sénégalaises empêchées de jouer aux Rencontres théâtre jeune public

À la veille de l'ouverture des Rencontres théâtre jeune public à Charleroi, le visa de deux artistes sénégalaises a été refusé, privant le festival d'une coproduction internationale soutenue et mettant en péril près de deux ans d'engagements artistiques.

Refus de visa : deux comédiennes sénégalaises empêchées de jouer aux Rencontres théâtre jeune public
©Illustration IA Sabrina Coppola / we-news.com

Quelques jours avant le lancement des Rencontres théâtre jeune public à Charleroi (16-23 août), le projet Keur Mame Boy, coproduit entre la compagnie sénégalaise Yakaar et le Tof Théâtre (Belgique), a subi un coup d'arrêt : le visa de deux comédiennes sénégalaises, Astou Ndeye Ndiaye et Seynamou Faye, a été refusé par les autorités belges, apprend-on vendredi 14 août.

Une annulation de dernière minute

Le spectacle, créé au Sénégal en collaboration avec le Tof Théâtre, devait être présenté aux Rencontres — un rendez-vous central pour les programmateurs de théâtre jeune public — puis enchaîner une tournée d'environ une centaine de représentations en Belgique et en France. Sa non-venue prive le festival d'une production internationale attendue et laisse de nombreuses dates en suspens.

"On les attendait depuis le 4 août en Belgique. Trois représentations, à Soiron, à Thoricourt et à Bruxelles, ont déjà été annulées. Le verdict vient de tomber, sans explication."

Ces mots, rapportés par Alain Moreau du Tof Théâtre, traduisent la sidération et la déception des partenaires. M. Moreau, initiateur du projet, avait multiplié les déplacements au Sénégal, notamment à Toubab Dialaw près de Dakar, pour mener à bien cette coproduction qui s'inscrivait dans la durée.

Conséquences artistiques et financières

Au-delà de la frustration artistique, le refus de visa a des répercussions financières et humaines concrètes. La Fédération Wallonie-Bruxelles, via Wallonie Bruxelles International (WBI), figure parmi les financeurs du projet. Du côté de la production, le Tof Théâtre évalue à près de 200 000 euros les sommes déjà investies pour couvrir déplacements, salaires et autres frais inhérents à cette coproduction.

Le préjudice dépasse le budget : pour les deux comédiennes, professionnelles et rémunérées par l'Association Djarama au Sénégal, ces engagements représentaient deux années de travail garanties et une source de revenus stable pour elles et leurs familles.

  • Spectacle : Keur Mame Boy (création sénégalaise, coproduction Tof Théâtre/Yakaar)
  • Artistes concernées : Astou Ndeye Ndiaye et Seynamou Faye
  • Dates clés : attente en Belgique depuis le 4 août ; décision annoncée le 14 août
  • Soutien financier estimé de la coproduction : ~200 000 €
Élément Détail
Festival Rencontres théâtre jeune public, Charleroi (16-23 août)
Projet Keur Mame Boy (Yakaar / Tof Théâtre)
Investissements Environ 200 000 € déjà engagés

Un projet international fragilisé

Le refus de visa intervient alors que la pièce avait suscité l’intérêt d’autres manifestations : après les Rencontres, une résidence de représentations était prévue, notamment au festival Le Bonheur des Mômes à Grand-Bornand, et la troupe avait retenu l’attention de la direction du Festival international de Théâtre de marionnettes à Charleville-Mézières, où un retour l’an prochain semblait possible.

Dans ce contexte, les organisateurs belges et leurs partenaires étrangers doivent désormais décider des suites à donner : recours administratifs, adaptation du programme du festival, ou tentative de solution alternative pour remplacer les artistes absentes. Le Tof Théâtre affiche sa détermination à ne pas « laisser tomber les bras », malgré l’impact immédiat sur les Rencontres.

Sur le plan humain, la situation expose aussi la fragilité des parcours d’artistes internationaux, pour qui l’issue des démarches administratives peut compromettre des années de travail et de collaboration. Le cas de Keur Mame Boy illustre la double dimension — artistique et logistique — des coproductions contemporaines, qui nécessitent non seulement des soutiens financiers mais aussi une coopération administrative et diplomatique efficace.

Les organisateurs et les partenaires institutionnels disposent désormais de peu de temps pour éclaircir les motifs du refus et trouver des solutions permettant de limiter les conséquences sur la tournée et sur la carrière des artistes concernées.

Sabrina Coppola
Sabrina IA Cheffe du desk Culture en ligne

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